Morts de l’année

Nous vivrons sans Liz et sans Annie

Par E. Dumont et P. Gavillet le 28.12.2011 à 00:00

La mort a frappé haut en 2011. Elle a emporté deux des vedettes féminines les plus adulées en leur temps

Elizabeth Taylor

La star. Avec ce que cela suppose de tapage et d’excès. Un fascinant mélange de maris, de petits chiens en laisse, de diamants au cou et de montagnes de valises.

La mort de Liz Taylor, le 23 mars?2011, a presque provoqué la surprise. Le public la croyait immortelle, tant elle avait survécu au pire. Cette fille de la bonne bourgeoisie, née à Londres en 1932, aura en effet gardé l’hôpital comme résidence secondaire. Quand on ne l’opérait pas du dos ou d’une tumeur au cerveau, c’est qu’il fallait la faire maigrir ou lui faire diminuer l’alcool.

Elizabeth Taylor aura été vedette dès l’enfance, propulsée par une mère impitoyable. Prise sous contrat par la MGM en 1944, elle grimpera les échelons à toute allure. Des succès. Rien que des succès. Aucune crise d’adolescence. A 15?ans, elle semblera déjà adulte. Ses fameux yeux violets feront merveille. Elle enchaînera les films et les époux. Il lui arrivera même de tourner d’excellentes choses: Soudain l’été dernier, La chatte sur un toit brûlant

La rencontre avec Richard Burton sur le tournage de Cléopâtre en 1960 changera sa vie. Le couple jouera Qui a peur de Virginia Woolf à la ville, avant de le faire pour l’écran. Ni avec toi, ni sans toi. Le tout ponctué de fêtes, de voyages et d’éclats. D’où divorce, remariage et redivorce avec le monsieur. Après Richard, la carrière de Liz s’effilochera, mais pas son prestige. Mère?Courage, Liz s’adonnera dès lors aux bonnes causes. La lutte contre le sida lui devra beaucoup. Sur ce plan-là aussi elle ne sera pas remplacée. La structure actuelle du cinéma empêche la naissance de toute autre star de cet acabit. Le monde des people du futur n’aura jamais sa classe dans la vulgarité. Ni son secret humour. La dame aura visiblement eu du plaisir à jouer le rôle de sa vie, celui de Liz Taylor. (ed)

Annie Girardot

Le public la savait condamnée. Depuis plusieurs années, elle luttait contre la maladie d’Alzheimer. Un combat qu’elle a perdu le 28 février?2011. Ce jour-là, le décès d’Annie Girardot fut ressenti dans toute la France avec une énorme émotion. Tant aimée dans les années?70, la Girardot restait dans le cœur des Français, avec ses succès et en dépit des échecs qui finirent par ruiner sa carrière. Née en 1931 à Paris, elle connut des débuts prometteurs, tournant aussi bien sous la direction de Luchino Visconti, Marco Ferreri, Marcel Carné, Claude Lelouch ou Philippe de Broca dans les années?60.

Dans les années?70, elle est la comédienne la plus adulée de l’Hexagone. L’une des mieux payées également. On construit des films sur son nom. Elle est synonyme de succès au box-office. Le public l’adore dans Docteur Françoise Gailland, Mourir d’aimer, Tendre poulet, La zizanie, La clé sur la porte ou On a volé la cuisse de Jupiter.

Pourtant, les années?80 marqueront le début d’une longue traversée du désert. Elle rencontre Bob Decout, auteur de chansons et réalisateur. S’en éprend. Il lui écrit des chansons. C’est un échec. Il la dirige dans un film. Le public ne suit pas. Puis il la met en scène dans un spectacle. Un four. Pire, un désastre financier qui contraint la comédienne à s’endetter. Ruinée, elle est en plus boycottée par la profession. Il lui faudra attendre de longues années pour revenir.

En 1996, c’est en obtenant le César du meilleur second rôle pour Les misérables de Lelouch qu’elle fond en larmes et remercie ses pairs de ne l’avoir pas tout à fait enterrée. Elle remportera un autre César en 2002, pour son rôle de mère tyrannique dans La pianiste de Michael Haneke. Mais la maladie est déjà à l’œuvre. Elle ne sera rendue publique qu’en 2006. Annie continuait alors à triompher sur scène avec la pièce Madame Marguerite, l’un des rôles de sa vie. (pg)

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