Mobilité

La Ville de Genève ouvre la chasse aux pendulaires

Par Olivier Francey le 20.12.2011 à 19:11

La Municipalité veut piétonniser ses rues tout en dissuadant les pendulaires de se garer chez elle

Si la volonté de rendre l’espace public aux piétons a déjà commencé hier, aujourd’hui le gibier à pourchasser est affiché sans complexe: les pendulaires! Le Conseil administratif de la Ville de Genève a tenu hier matin à présenter sa stratégie de piétonnisation des rues municipales. La ligne politique est limpide: «Nous voulons clairement décourager les automobilistes pendulaires d’occuper des places de stationnement pouvant servir aux riverains», prévient le conseiller administratif Sami Kanaan. Même si celui qui fut président de l’Association transports et environnement préfère parler d’«incitation à utiliser les transports publics», le ton est donné.

«Aujourd’hui, trop de places sont encore inoccupées ou sous-utilisées, rappelle Rémy Pagani. Sans compter les habitants qui louent leur parking à d’autres tout en bénéficiant d’un macaron», dénonce le magistrat chargé des Constructions.

Trois zones «piétonnes» sont concernées par la stratégie des autorités municipales: le quartier des Pâquis, de Saint-Gervais ainsi que Rive (le rond-point et les Rues-Basses). Parmi les rues ainsi piétonnisées, on retrouve celles de la Rôtisserie et de la Madeleine. Le quai des Bergues et la rue Rousseau sont également concernés par cette mesure.

Rues piétonnes, vraiment?

Etrangement, par «rue piétonne», la Ville entend deux types possibles sur lesquels elle ne s’est pas prononcée: les rues fermées totalement à la circulation et les zones de rencontre limitant la vitesse à 20?km/h!

Plus de 500?places «véhicules» et presque le double de places «deux-roues» sont à terme menacées d’extinction en surface. «C’est ici qu’il a fallu faire un compromis, précise le maire de Genève, Pierre Maudet. Si certains souhaitaient remplacer chaque place perdue en surface par l’équivalent en sous-sol, nous sommes arrivés à un ratio de compensation de 0,8.» En d’autres termes, dix places supprimées équivalent à la mise à disposition de huit?places souterraines.

Comment y parvenir? Grâce aux multiples places de stationnement dont dispose la Gérance immobilière municipale (GIM), mais surtout en changeant complètement de point de vue. Au lieu de chercher des parkings disponibles autour des rues devant être piétonnisées, la Ville a d’abord répertorié les places de stationnement vacantes ou sous-exploitées, pour ensuite déterminer l’emplacement des zones piétonnes. «La façon d’aborder le problème est très différente, explique François Bornicchia, ingénieur en transports. Avant, on définissait des zones sans savoir si des places de substitution existaient. Aujourd’hui, on cherche d’abord des places avant d’instaurer des zones piétonnes!»

Voilà pour la théorie, mais en pratique, l’affaire risque de se compliquer. En effet, si les 115?places de parc incluses dans la zone piétonne des Pâquis peuvent être compensées par les 110?places de la GIM, il n’en va pas de même pour le quartier de Rive, qui ne dispose que de 59?places en sous-sol pour 262?places détruites en surface.

Pire encore pour le quartier de Saint-Gervais, où le ratio de compensation s’effondre à 0,2, avec 168?places supprimées contre 34?places souterraines. Des chiffres inquiétants, surtout lorsque la Ville annonce l’abandon du projet du parking du Pré-l’Evêque (lire l’encadré).

Des places en sous-sol, c’est bien, mais qu’en est-il du prix? Les parkings souterrains disposeront de zones bleues. Il en coûtera 30 centimes de l’heure pour les détenteurs de macaron. Pour les visiteurs, le prix sera dissuasif, prévient Pierre Maudet.

Appel au Grand Conseil

Si la présence du Conseil administratif face à la presse avait l’odeur d’une présentation de stratégie, elle avait surtout le goût d’une opération de lobbying envers le Grand Conseil. En effet, si celui-ci devait se prononcer sur un ratio de compensation de «1 pour 1», c’est «tout le travail de la Ville qui serait ainsi annulé», avoue le maire de Genève, Pierre Maudet.

Quoi qu’en dise le Législatif, le pendulaire risque de devenir de plus en plus persona non grata au cœur de la ville. «Le simple fait d’avoir une place de parking proche de son travail est le plus grand frein à l’utilisation des transports en commun», regrette Rémy Pagani. Ne reste plus qu’à ces mêmes transports d’être efficients…

Sondage

Le système antibouchons qui va être testé à Genève par des étudiants de l'EPFL, vous y croyez?




Tous les dessins d'Herrmann

Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Le monde en images

Sondage

Faut-il interdire le démarchage par téléphone?




Sondage

Pensez-vous que François Hollande pourra relancer la croissance en Europe?





Dernières offres

Marché

IT Technical Support GBTS sa, Geneve

Agent call center Mysoft Sàrl, Fribourg

Commodity Systems Support GBTS sa, Geneve

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
A vos grils, prêts?
Nous nous sommes procuré les conseils les plus avisés Plus

En coopération avec:

Homegate

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




SEARCH.ch

Commerce