"Tout est calculé pour que Toni Musulin comparaisse détenu, coûte que coûte, parce qu’il y a une forte pression politique", assure l’un de ses avocats, Me Hervé Banbanaste.
Détenu depuis le 16 novembre dernier, l’ex-convoyeur de fonds est libérable mercredi. Compte tenu de ses chefs d’inculpation - vol simple et tentative d’escroquerie, respectivement passibles de trois et cinq ans de prison -, sa détention provisoire ne peut en principe excéder quatre mois.
Mais le juge d’instruction a bouclé son enquête dès janvier et peut obtenir la prolongation de cette détention pour deux mois, à condition qu’il renvoie avant mercredi Toni Musulin devant le tribunal correctionnel, pour un procès organisé mi-mai.
Le convoyeur s’était taillé une grande popularité sur internet pour avoir commis ce vol sans armes et sans violence. C’est pourquoi la peine qu’il encourt pour un "vol simple" est relativement faible.
Toni Musulin est accusé d’avoir dérobé les 11,6 millions d’euros au volant de son fourgon blindé et en faussant compagnie à ses collègues. Par la suite, 9,1 millions d’euros avaient été retrouvés dans un box qu’il avait loué.
Le convoyeur de fonds qui s’était rendu le 16 novembre à la police de Monaco après 11 jours de cavale, affirme depuis qu’il n’a pas gardé les 2,5 millions d’euros, arguant que le fourgon ne transportait pas 11,6 mais seulement 9,1 millions d’euros.
La cour d’appel de Lyon se prononcera aussi mardi sur une demande d’annulation de la procédure engagée par ses avocats et qui porte sur les conditions de la remise de Toni Musulin aux autorités françaises, le 16 novembre, quelques heures après qu’il se fut livré à la police de Monaco.
Il s’agit pour eux d’une "extradition déguisée", menée sous la contrainte, et non d’une reddition volontaire. A leurs yeux, il aurait fallu appliquer la convention d’extradition liant la France à Monaco, qui impose notamment "un délai de 18 à 40 jours" pour la procédure.