Des chercheurs américains ont eux séquencé le génome de la fourmi d’Argentine, une espèce proliférante qui menace la biodiversité.
L’utilisation inédite de méthodes de recherche très sophistiquées et jusqu’alors réservées aux recherches cliniques a permis aux groupes de recherche suisses de séquencer et d’assembler la totalité du génome de la fourmi de feu, une espèce particulièrement ravageuse, précise l’Institut Suisse de Bioinformatique dans un communiqué diffusé mardi.
Les résultats de l’étude menée par le Dr Yannick Wurm, «Le génome de la fourmi de feu Solenopsis invicta», sont publiés cette semaine dans la revue PNAS (Annales de l’académie nationale des sciences).
Très agressive
La fourmi d’Argentine prolifère quant à elle dans de nombreuses parties du monde. Le décryptage de son génome pourrait permettre de déterminer des moyens pour contrôler son développement.
Petite fourmi marron originaire d’Amérique du Sud, Linepithema humile est très agressive et bouleverse les écosystèmes de nombreuses régions du monde, soulignent ces chercheurs dans leur étude, à laquelle se rattachait également le séquençage de la fourmi de feu, ainsi que celui d’une autre espèce.
«Quand les fourmis d’Argentine envahissent, elles dévastent les communautés locales d’insectes tout en favorisant le développement de populations d’organismes nuisibles à l’agriculture», explique Neil Tsutsui, professeur associé en sciences environnementales à l’Université de Californie, à Berkeley, un des co-auteurs de l’étude.
«Le séquençage de cette fourmi va beaucoup aider ceux qui sont en quête de moyens efficaces de contrôler» sa propagation, juge M. Tsutsui, qui a travaillé sur ces séquençages avec 48 autres chercheurs. Ceux-ci ont dénombré 16.344 gènes chez la fourmi d’Argentine, comparativement à environ 23.000 pour l’homme. Fourmi rouge moissoneuse
Le troisième séquençage concerne la fourmi rouge moissonneuse (Pogonomyrmex barbatus). Le séquençage d’une quatrième espèce de fourmi, dite coupeuse de feuille (Atta cephalotes), sera publié dans le journal scientifique américain PLoS Genetics du 10 février.
Le premier séquençage de la fourmi appartenant à deux espèces différentes avait été annoncé le 27 août et publié dans la revue américaine Science.
Après l’abeille domestique, ce séquençage était le second d’une famille d’insectes vivant en communauté, apportant un nouvel éclairage sur leurs comportements sociaux exceptionnellement développés.