Quatre soirées sur sept consacrées aux séries américaines! Si la TSR n’en est pas encore au stade de TF1 et de M6, qui n’hésitent pas à littéralement surcharger leurs programmes avec ce type d’émissions, sa programmation a tout de même bien évolué au cours de ces dernières années. «Ce n’est pas tant la quantité que l’heure de diffusion qui a changé, explique Alice Nicole, responsable des acquisitions fictions de la TSR. Il y a dix?ans, on comptait nettement moins de séries américaines en prime time (ndlr: première partie de soirée, heure de la plus grande écoute) . Il y a eu d’abord Urgences , puis Les experts. Mais le public est devenu de plus en friand de ces fictions: nous lui donnons ce qu’il attend.»
Le comportement des téléspectateurs a également évolué. «Les gens ont moins besoin de temps pour devenir accro à une série. Prenez Dr House. Nous avions débuté en le diffusant le jeudi, après Temps présent. Comme ça n’a pas très bien fonctionné, nous l’avons déplacé. La série s’étant par la suite fait une renommée sur TF1, nous avons pu la remettre en prime time avec succès un an plus tard.»
Critères indispensables
Aujourd’hui, même plus besoin d’attendre un an: The Mentalist (91?000 téléspectateurs; 20,5% de part de marché) ou Castle (88?000; 20%) ont démarré en fanfare. «Elles sont bien faites, avec le mélange adéquat entre les enquêtes et l’attachement aux personnages.» Mais surtout, on peut rater un épisode sans souci.
C’est là l’un des critères indispensables pour qu’une série soit proposée en prime time. Lost ou 24?heures chrono nécessitent un suivi sans faille et perdent bon nombre de téléspectateurs en cours de route. Elles sont donc diffusées plus tardivement, avec des audiences très moyennes. Exception au tableau: Desperate Housewives est diffusée en prime time bien que ce soit un feuilleton. «C’est une comédie et on parvient à garder le fil même si on rate un épisode», explique Alice Nicole.
Autre exigence primordiale pour figurer en ouverture de soirée: faire dans les 30% de part de marché, soit qu’un Romand sur trois présent à ce moment devant son écran la regarde. Les champions? Les franchises des Experts (Las Vegas, Miami ou New York) restent leaders sur la TSR. Ils dépassant régulièrement les 200?000 téléspectateurs (32% voire 35% de part de marché)!
Pour que les Romands soient aussi nombreux devant leur poste, il faut que ces séries n’aient pas encore été diffusées par les chaînes françaises. Or ces dernières en programment de plus en plus. «Peut-être en partie pour des raisons financières, suggère Alice Nicole. Mais surtout parce que ces chaînes manquent d’autres programmes. C’est long et coûteux de produire ses propres émissions et fictions.» Pour conserver l’avantage, la TSR doit répondre à une double contrainte: garder un rythme d’enfer et proposer ces grandes séries populaires américaines avec assiduité…
Le programme des séries préférées des téléspectateurs romands débute dès ce soir
Fringe
Départ, ce soir sur TSR2, de l’avalanche avec la saison 2 des aventures paranormales de l’agent Olivia Dunham (Ana Torv) . On l’avait laissée stupéfaite dans un monde parallèle quasi similaire au nôtre mais qui n’a pas connu l’effondrement du World Trade Center, on la retrouve dans une suite globalement satisfaisante, composée d’épisodes autonomes présentant chaque fois un nouveau cas aux frontières du réel à résoudre. D’autres péripéties sont destinées à faire progresser une intrigue fil rouge dans laquelle les deux mondes – le nôtre et l’alternatif – tissent des relations de plus en plus étroites. Quant au suspense de fin de saison, on peut faire confiance au producteur J. J. Abrams. Il est malin et insoutenable.
TSR2, ce soir (23?h?35).
The Mentalist
Ce soir également, mais sur TSR1, Patrick Jane (Simon Baker) , consultant au California Bureau of Investigation, remet à contribution sa faculté à décoder le langage du corps pour affirmer devant l’assistance ébahie que le colonel Moutarde a tué Mademoiselle Pervenche dans la véranda. Série consensuelle – des crimes, du suspense, un brin d’humour et un fil rouge peu envahissant –, The Mentalist a les défauts de ses qualités: la soupe est soigneusement préparée avec juste ce qu’il faut de sel (les fêlures d’un héros qu’un psychopathe a privé de sa famille) et peu de violence. Un tantinet tiède mais agréable. Le grand public ne s’y est pas trompé en plébiscitant la première saison. Qui sait, peut-être saura-t-on enfin cette année qui est «John le Rouge».
TSR1, ce soir (21?h?10).
Sons of Anarchy
Du producteur de The Shield, on attendait le meilleur et on n’est pas déçus. La TSR diffuse (trop?) tardivement la saison 2 de la série, qui s’attache à un gang de motards très «Amérique profonde» (ici Maggie Siff et Charlie Hunnam). Un sans-faute, bien plus subtil que ne le laisse croire son sujet. Le «cliffhanger» (ou suspense de fin de saison) n’en est pas moins tiré par les cheveux.
TSR1, lu 30 août (00?h?10).
Desperate Housewives
Comme il fallait l’espérer (ou le craindre?), nos ménagères désespérées (Teri Hatcher, Marcia Cross, Eva Longoria Parker et Felicity Huffman) reviennent dans dix jours pour une sixième saison. Si vous sentez poindre une légère lassitude, ne soyez pas étonné: le soufflé conçu par Marc Cherry n’a plus la fière allure d’antan.
TSR1, ve 3 sept. (21?h?05).
Jean-Charles Canet