Les testicules ont évolué plus vite que le cerveau

Par Marie Nicollier le 19.10.2011 à 15:47

L’UNIL publie dans une étude importante qui lève des voiles sur l’évolution des mammifères

Les chercheurs lausannois s’offrent aujourd’hui l’article principal de la revue anglaise Nature grâce à une étude d’envergure qui éclaire l’évolution des mammifères. Le fruit de deux ans de travail, de l’analyse de 43 milliards de morceaux d’ADN et de 3 millions d’heures de calcul informatisé chaque mois, le tout réalisé par le Centre intégratif de génomique de l’UNIL (CIG) et l’Institut suisse de bioinformatique. «L’ampleur de cette étude est inégalée», se réjouit la chercheuse Anamaria Necsulea.

Les scientifiques ont mesuré pour la première fois la vitesse à laquelle les différents organes ont évolué. Conclusion: le cerveau est à la traîne. «C’est surprenant, réagit le professeur Henrik Kaessmann, qui a mené l’étude. Sa taille chez l’homme est bien plus grande que chez un ornithorynque, mais malgré cela, l’activité des gènes est comparable.» A l’inverse, les testicules ont connu des changements très rapides. «Il faut dire qu’il y a une forte pression sélective et beaucoup de compétition entre mâles», précise le chercheur.

Comme un ornithorynque

L’étude démontre que le même organe chez différentes espèces varie moins que les organes d’une même espèce. Un exemple: le cerveau de l’homme ressemble d’avantage à celui de l’ornithorynque qu’à un autre organe humain comme les reins ou le foie. L’équipe lausannoise confirme ainsi que la différenciation des organes s’est faite avant même la séparation des espèces.

Comment expliquer les différences de taille, de capacité ou de fonction du cœur d’une souris, de celui d’un chimpanzé et de celui d’un homme? Par le degré d’activité des gènes. Les chercheurs ont effectué une première mondiale en comparant cette fameuse activité génétique dans six organes différents (cerveaux, cervelet, cœur, reins, foie et testicules) et chez neuf?espèces (souris, macaque, grands singes dont l’homme, chimpanzé, bonobo, gorille, orang-outan, opossum et ornithorynque). «Il faut comprendre que l’activité d’un gène détermine la fonction d’un organe et donc les propriétés spécifiques de chaque espèce, explique le professeur Henrik Kaessmann. Chaque espèce a eu le temps de s’adapter à son environnement et de développer des fonctions spécifiques.»

L’équipe du CIG a mis le doigt sur les origines des caractéristiques des différents mammifères en identifiant une série de gènes ayant une activité spécifique chez certaines espèces. «A mon avis, c’est la découverte la plus excitante, se réjouit le professeur Kaessmann. Elle permet de mieux comprendre ce qui rend chaque mammifère unique. Et donc de mieux comprendre l’évolution.»

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