Constatant l’incapacité de la Syrie à respecter ses obligations dans le cadre du plan négocié par la Ligue arabe, le Qatar a suscité une réunion d’urgence des ministres du monde arabe au Caire aujourd’hui. L’échec de ce plan de sortie de crise n’est pas une surprise. Mais les ONG comptent bien en profiter pour mettre cette organisation devant ses responsabilités.
Hier, Human Rights Watch (HRW) a ainsi publié un rapport accablant sur les violences commises dans la ville d’Homs. L’organisation demande à la Ligue arabe de suspendre immédiatement la Syrie. Amnesty International lui demande aussi d’obtenir l’entrée d’observateurs indépendants des droits de l’homme. «Plus de cent personnes ont été tuées depuis l’accord syrien sur le plan, le 30 octobre dernier», note Amnesty.
Dans un document de 68 pages, réalisé à partir de 110 entretiens, HRW a recensé de nombreux exemples de violences abusives, tortures et exécutions illégales commises à l’encontre de populations civiles. L’ONG estime que «des crimes contre l’humanité ont été commis» et demande au Conseil de sécurité des Nations Unies un embargo sur les armes et des sanctions contre les responsables des atteintes aux droits. Elle lui demande aussi de saisir la Cour pénale internationale.
HRW s’est intéressée à la situation de la région d’Homs, le gouvernorat qui a enregistré le plus grand nombre de morts, 587 entre la mi-avril et la fin d’août. Pour le seul mois de septembre, 207 civils ont été tués dans la ville centre. Ce traditionnel pôle de résistance au régime du clan Assad paie un lourd tribut à la résistance. L’organisation des droits de l’homme souligne dans son rapport qu’une bonne part des personnes tuées par les forces armées et les milices du régime sont tombées lors de funérailles.
L’enquête réalisée auprès de témoins sortis du pays (car l’entrée sur le territoire a été refusée à l’ONG) met aussi en exergue l’augmentation du nombre de morts en détention et la systématisation d’actes de torture sur les milliers de personnes interpellées. Réfutant d’avance l’argument de Damas qui dit faire face à une insurrection armée, notamment du fait de soldats qui ont fait défection, HRW écrit que «la présence d’éléments armés dans l’opposition ne justifie pas les recours à des actes de torture et de détention arbitraire et secrète».