L'été dernier, le pasteur Terry Jones avait déclenché un vaste élan de désapprobation lorsqu'il avait menacé de mettre le feu à 200 exemplaires du livre saint des musulmans, accusant le Coran d'être «coupable» des attentats du 11 septembre 2001.
De nombreux chefs d'Etat et le pape Benoît XVI s'étaient alors offusqué de sa menace. L'Organisation de la conférence islamique (OCI) avait qualifié ses paroles de "grossière provocation".
Le président américain avait également appelé ses concitoyens à la tolérance religieuse et à «ne pas se tourner les uns contre les autres».
Le projet du pasteur avait suscité un vaste tollé dans le monde arabe. Des milliers d'Afghans avaient manifesté devant une base de l'OTAN. Au Pakistan, quelque 600 personnes, dont des religieux, avaient défilé en septembre 2010 en brûlant des drapeaux américains. Interpol avait par ailleurs envoyé une alerte à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des «attaques violentes visant des innocents».
Après avoir assuré qu'il ne passerait jamais à l'acte, Terry Jones a finalement renié sa parole. L'autodafé s'est déroulé dimanche en public (voir vidéo ci-dessous) à Gainesville (Floride), en présence d'une trentaine de personnes.
Un exemplaire du livre sacré des musulmans a été mis à tremper pendant une heure dans du kérosène. Il a ensuite été placé dans une urne en métal disposée au centre de l'église, et un pasteur assistant y a mis le feu avec un briquet à barbecue.