Le Pentagone a vertement critiqué la publication, dimanche, de ces archives secrètes sur la guerre en Afghanistan, affirmant qu’elle mettait en danger la vie d’informateurs afghans et menaçait de saper le travail de renseignement dans ce pays.
Dans une interview au Times publiée jeudi, Julian Assange s’est défendu en affirmant au quotidien britannique avoir demandé à la Maison-Blanche la semaine dernière de l’aider à "minimiser les chances que les noms d’informateurs soient divulgués" et n’avoir reçu aucune réponse.
Le fondateur de Wikileaks avait affirmé cette semaine que les documents avaient été relus, à la recherche d’éventuels noms d’informateurs, et que nombre d’entre eux en contenant n’avaient pas été publiés.
Mais le Times a rapporté mercredi que deux heures d’examen attentif des documents lui avaient suffi à repérer les noms de dizaines d’Afghans supposés avoir fourni des renseignements à l’armée américaine.
Tout document qui "mettrait clairement en danger des gens innocents" pourrait rejoindre les 15.000 documents que le site a décidé de ne pas publier, a affirmé le fondateur de Wikileaks. "Si nous avons fait une erreur, nous allons réexaminer nos procédures et réagir", a-t-il assuré.
Il a néanmoins défendu de nouveau jeudi la décision de publier ces documents. "Cela n’a causé de tort à personne, mais si cela devait être le cas, nous le regretterions profondément", a déclaré M. Assange au Times.
"Cela étant dit, si nous étions forcés de choisir entre publier la totalité des documents ou aucun, nous publierions tous les documents, parce que cela est extrêmement important pour l’histoire de la guerre", a-t-il souligné.
Le site internet d’information Wikileaks, fondé en 2006 et spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche près de 92.000 archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations notamment sur les victimes civiles et sur les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.