Famine

Une sécheresse meurtrière frappe la Corne de l’Afrique

Par Gustavo Kuhn le 10.07.2011 à 21:20

En danger de mort, des centaines de milliers de Somaliens fuient vers les pays voisins. Les humanitaires sont débordés

La terrible sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique fait exploser la malnutrition dans la région et prend des proportions dramatiques. «La situation est extrêmement grave, particulièrement en Somalie et dans le sud de l’Ethiopie», affirme Kenneth Lavelle, de Médecins sans frontières (MSF). L’Unicef estime ainsi que plus de deux millions d’enfants sont mal nourris dans la région, dont environ 500?000 sont «en danger de mort à ce stade». Les nutritionnistes du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) estiment que «la situation est sans précédent depuis des décennies».

A court de nourriture, des milliers de familles entreprennent de longs périples vers les pays voisins. Mais «de nombreuses personnes meurent en chemin», a expliqué vendredi Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

Plus de 135?000 Somaliens se sont réfugiés en Ethiopie et au Kenya depuis le début de l’année, dont 54?000 pour le seul mois de juin. Le HCR a ainsi averti que les humanitaires opérant dans le sud-est de l’Ethiopie «risquent d’être submergés faute d’une aide internationale plus rapide et plus robuste». Antonio Guterres, le responsable de l’agence onusienne, a d’ailleurs appelé vendredi la communauté internationale «à s’engager plus activement dans le soutien à la population somalienne qui souffre tant».

D’autant que les camps kényans de Dadaab accueillent déjà 400?000 personnes et affichent complet. Quelque 65?000 réfugiés, selon le HCR, se sont ainsi installés autour du complexe, faute d’autre solution.

«Leur situation est terrible, raconte Antoine Froidevaux, coordinateur de MSF au camp de Dagahaley, à Dadaab. Il y a d’énormes retards pour leur enregistrement, qui prend près de quarante jours alors qu’ils ne reçoivent de la nourriture que pour deux semaines. Ils manquent également cruellement d’eau, qui est rationnée. Chaque famille, qui comporte généralement huit ou neuf personnes, reçoit 3?litres par jour, pour boire, se laver et cuisiner…»

Selon l’évaluation effectuée par MSF à la périphérie d’un des camps de Dadaab, les nouveaux arrivés souffrent à 37,7% de malnutrition aiguë globale et à 17,5% de malnutrition aiguë sévère. Des taux de sous-alimentation qui grimpent à 43,3% chez les enfants de 5 à 10?ans.

Les réfugiés somaliens arrivent souvent dans un état d’affaiblissement, après avoir marché des centaines de kilomètres. «Ceci, sans oublier qu’ils sont déjà partis alors qu’ils étaient dans des situations extrêmes, après avoir perdu leurs récoltes, vu mourir leur bétail, ou s’être fait saisir le peu qui leur restait par les parties en conflit dans la guerre civile somalienne», ajoute Antoine Froidevaux.

La situation en Somalie est si dramatique que les insurgés islamistes des Shebab, qui avaient pourtant contraint les organisations humanitaires étrangères à quitter le pays il y a deux ans, leur ont demandé de revenir la semaine dernière.

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