Nutella et Papillon ont des fourmis dans les sabots. Les deux ânesses, mère et fille, ont hâte de se dégourdir les pattes. Ce week-end, leurs longues oreilles vont guider les promeneurs sur les sentiers du pied du Salève. Découverte en avant-première de cet événement organisé par la ferme de Chosal et la Maison du Salève.
Tout commence par une mise au point: «L’âne n’est pas têtu», explique Raphaëlle Cardinal. La spécialiste des animaux de la ferme de Chosal tient à corriger la réputation bafouée de ces sympathiques bêtes à poil. «En réalité, il attend des explications claires de la part de celui qui le conduit.»
La consigne est donnée. Le convoi peut s’ébranler, sous un magnifique soleil d’avril. Les enfants d’Annabelle Bouchet, elle aussi employée de la ferme de Chosal, se chamaillent pour la conduite des ânes. Les jumeaux Mallaurie et Loris, âgés de 11?ans, entament finalement le bal.
Sous l’œil des vaches qui paissent alentour, on quitte la ferme du Grand Clos à Charly pour s’engager sur les sentiers du Genevois. Au milieu des pissenlits, des pâquerettes et des véroniques…
«Gentils comme tout»
Au loin, l’expert reconnaît le Parmelan, la Tournette ou encore l’Aiguille verte. Quittant la vue sur les sommets saupoudrés de neige, le groupe pénètre dans la forêt des Moulins. «Les ânes sont gentils comme tout», affirme Mallaurie en câlinant Papillon. «Ils ont des paraboles à la place des oreilles», s’amuse Loris. Pendant ce temps, Annabelle questionne ses cadettes âgées de 7?ans, Solène et Célia (elles aussi jumelles!): «Vous voyez le trou dans l’arbre? C’est celui d’un pic-vert.»
A Vers la Croix, le vent balaie le plateau. Pas question de traîner, la balade ne fait que commencer. Accompagné par les clochettes des moutons, le groupe traverse le village de Saint-Symphorien, non sans avoir admiré l’église et le clocher qui surmonte la cure.
D’ici, on aperçoit l’autoroute Annecy-Genève qui serpente à flanc de montagne. Profitant d’un moment d’inattention, Nutella se penche et effleure un pissenlit de ses babines. «L’âne nous teste, commente Raphaëlle. Il faut garder le contrôle, qu’il sente que ce n’est pas lui qui décide.» La jeune Célia tire sur la corde de Nutella et essaye tant bien que mal d’imposer sa volonté à l’ânesse. L’heure n’est pas au goûter!
Le sentier file à travers champs avant de s’enfoncer sous les frondaisons. Le clapotis de l’eau rythme la marche. En sortant du bois, place aux vergers de Copponex. Les fleurs des arbres fruitiers attirent l’œil de Papillon.
Trois heures de marche
La marche se poursuit. Si les ânesses ont la pêche, les randonneurs commencent à en avoir plein les gambettes! Mais inutile de songer à finir la randonnée à dos de bourricot. «Ils sont bâtés, explique Raphaëlle. Le bât à croisillons sert à transporter les sacoches. Les enfants peuvent les monter, les parents sont alors seuls responsables.»
Une fois l’auberge de Bajole passée, un nouveau chemin forestier descend jusqu’aux Usses. Il ne faut pas attendre longtemps pour apercevoir la ferme de Chosal. Après trois heures de balade,
Nutella et Papillon rejoignent leurs congénères Paco, Finette, Balou et Simba pour un repos mérité.
La balade Pays’âne. Samedi 16 et dimanche 17?avril. Infos sur: www.maisondusaleve.com
ou au tél. 0033 450?44?12?82 ou 0033 450?95?92?16.