Après la deuxième agression, «nous avons eu la crainte de nous retrouver face à un prédateur», a expliqué devant le jury un inspecteur de police. Une crainte qui va se confirmer quelques jours plus tard avec le viol d'une mère de famille qui rentrait à pied d'une soirée lorsque l'accusé lui a sauté dessus.
Venue témoigner à la barre, cette femme, âgée d'une quarantaine d'années, n'a que des souvenirs vagues de l'agression. «Je me rappelle d'un homme brun au-dessus de moi, du fait que l'on me retirait mes jeans et de cette sensation de froid», a-t-elle relevé. Elle se reveille ensuite à l'hôpital, le visage tuméfié.
«J'avais l'impression de sortir d'un autre monde», a-t-elle poursuivi. Depuis cette agression, sa vie a radicalement changé. «Mon intimité a été volée, je n'ai plus de sexualité». Elle a déclaré aussi en vouloir à la société qui laisse en liberté des multirécidivistes.
L'accusé est en effet connu des services de police. Entre 2002 et 2008, il a fait l'objet d'une quarantaine d'arrestations pour des délits comme le trafic de stupéfiants, l'interdiction de zone ou des voies de fait à l'encontre de fonctionnaires de police, a expliqué un inspecteur devant la Cour d'assises.