Petrouchka ouvre le bal, et quel bal!
Quatre-vingt-deux ans après la dissolution de la célèbre troupe de Serge de Diaghilev, les Ballets Russes continuent de fasciner. L’affiche proposée jusqu’à dimanche (seulement!) par le Ballet du Grand Théâtre en est une nouvelle preuve.
A la chorégraphie, le couple Laurence Yadi-Nicolas Cantillon («Petrouchka») et Benjamin Millepied («Le Spectre de la rose» et «Les Sylphides») réussissent une soirée délicieuse. Les vingt danseurs sont à la fête, apparemment tout heureux de s’élancer sur des musiques aussi dansantes que celles de Stravinski, Carl Maria von Weber et Chopin. Le programme s’ouvre sur un «Petrouchka» sombre et énigmatique, donné dans un impressionnant décor à métamorphoses imaginé par les chorégraphes eux-mêmes.
C’est Paul Cox, mieux inspiré pour «Le Spectre» que pour «Les Sylphides», qui prête son concours aux créations de Benjamin Millepied. Celui-ci a composé des chorégraphies vives et spirituelles pour les quatre interprètes du «Spectre», riches en effets d’ensembles pour les vingt danseuses et danseurs des «Sylphides». Le tout est d’une fraîcheur et d’un brio bienfaisants.
Grand Théâtre, jusqu’au 16 octobre, loc. 022?418?31?30.