La "pénitence" est plus efficace face aux "abus du clergé" que des changements structurels, a affirmé mercredi le pape Benoît XVI en évoquant le combat de sainte Hildegarde, dans une référence indirecte au scandale de la pédophilie au sein de l'Eglise catholique.
Sainte Hildegarde, religieuse bénédictine et mystique allemande du XIIe siècle, estimait qu'"un véritable renouvellement de la communauté ecclésiale ne s'obtient pas tant avec un changement de structures qu'avec un sincère esprit de pénitence et un cheminement actif de conversion", a-t-il souligné.
La sainte "s'opposa particulièrement au mouvement des Cathares allemands" qui "proposaient une réforme radicale de l'Eglise, surtout pour combattre les abus du clergé", a-t-il ajouté devant 7000 fidèles, selon le Vatican.
"C'est un message que nous ne devrons jamais oublier", a déclaré le pape alors que l'Eglise catholique est secouée depuis novembre 2009 par des révélations en cascade d'abus sexuels sur des mineurs commis par des prêtres et des religieux, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis.
Sainte Hildegarde voulait inciter "les communautés monastiques et le clergé à (mener) une vie conforme à leur vocation", a souligné le pape.
La posant en exemple, le pape a affirmé que les femmes pouvaient contribuer à la théologie parce qu'elles "sont capables de parler de Dieu avec une intelligence et une sensibilité particulières". Et il a souhaité qu'il existe "dans l'Eglise des femmes saintes et courageuses" comme sainte Hildegarde.
A la mi-juillet, le Vatican a mis en place des procédures accélérées pour régler les cas les plus urgents et graves d'abus sexuels, décidant en outre de considérer comme de la pédophilie ceux commis sur des handicapés mentaux et d'introduire le délit de pédopornographie.
Les nouvelles règles portent par ailleurs la prescription des faits de 10 à 20 ans après les 18 ans de la victime.
Mais les associations de victimes avaient alors reproché au Vatican de ne pas avoir rendu obligatoire et systématique pour les Eglises locales de s'adresser à la justice civile en cas de soupçons d'abus. Selon le Vatican, les normes existantes prévoient déjà de "suivre les dispositions de la loi civile".