"Le mouvement des droits civiques était un mouvement soutenu par la musique, porté par les "spirituals", inspiré par la Bible, et acéré par les chansons protestataires sur les injustices qui devaient être corrigées", a expliqué le premier président noir des Etats-Unis en .
Ce mouvement, a remarqué M. Obama, "a été élargi par des artistes folk comme une fille new-yorkaise d'immigrants et un jeune conteur du Minnesota", références à Joan Baez et Bob Dylan, "qui ont capturé les difficultés et les espoirs de gens qui n'étaient pas gouvernés de la même façon, comme seulement les chansons peuvent le faire".
"C'était un mouvement doté d'une bande sonore", a observé le président à propos des protestations et des marches pacifiques menées notamment par Martin Luther King et qui avaient abouti à l'abolition de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. "Cette bande sonore n'a pas seulement été inspirée par le mouvement, elle lui a donné de la force en retour", a-t-il estimé.
"Joan Baez et Bob Dylan le savaient, lorsqu'un jour de 1963 ils ont rejoint des centaines de milliers de personnes sur le Mall", la place géante au centre de Washington où le révérend King avait organisé la fin de sa marche pour les droits civiques, a rappelé M. Obama.
L'émancipation des Noirs
Quarante-sept ans plus tard, et à quelques centaines de mètres du lieu de cet événement historique, le président a appelé les spectateurs réunis dans la salle d'apparat de la Maison Blanche à "apprécier la musique que nous écoutons ce soir, qu'elle libère notre esprit, nous donne l'espoir, et nous porte en avant".
Bob Dylan a chanté l'un de ses titres emblématiques, "The Times, they are 'a Changin", en s'accompagnant à la guitare acoustique, tandis que Joan Baez entonnait "We shall overcome", une autre chanson symbolique de la lutte pour l'émancipation des Noirs.
M. Obama avait d'ailleurs salué auparavant la génération de militants, lui ayant, grâce à sa lutte, permis d'accéder à la plus haute fonction élective des Etats-Unis.
Mais plus prosaïquement, il a aussi remercié le public des invités à la Maison Blanche pour avoir "bravé la tempête", alors qu'à l'extérieur, Washington essuyait une nouvelle forte chute de neige, la dernière en date d'un hiver particulièrement rude et qui a contraint les organisateurs à avancer le concert de 24 heures, la capitale fédérale risquant à nouveau la paralysie mercredi sous une couche de dizaines de centimètres de poudreuse.
Outre Bob Dylan et Joan Baez, qui ont aujourd'hui respectivement 68 et 69 ans, le concert de mardi soir a vu la participation des chanteurs "soul" Natalie Cole, Jennifer Hudson, John Legend, Smokey Robinson et Seal, ainsi que de l'acteur Morgan Freeman.
Cette fête est organisée alors que les Etats-Unis célèbrent en février l'histoire de la communauté noire.