Le miracle politique de Noël n’a pas eu lieu pour la Municipalité de Nyon lundi soir. Face à une assemblée majoritairement hostile à sa proposition de budget pour 2012, Claude Uldry, municipal des Finances, et Daniel Rossellat, syndic, ne sont pas parvenus à infléchir les vents contraires prévisibles à la lecture du rapport de la Commission des finances. Suivant cette dernière, le Conseil communal a refusé, par 50 non, 36 oui et 9 abstentions, le budget 2012 de la Ville de Nyon.
Celui-ci prévoyait un déficit de 11 millions sur un total de charges de 180 millions de francs. A la décharge de Claude Uldry, c’est une facture cantonale en forte hausse (de 21,4 à 30,1 millions), qui explique l’essentiel de ce chiffre rouge vif. La commission a estimé que face à une telle perte, amender le budget pour tenter de grignoter quelques économies de-ci de-là était peine perdue. Elle a donc recommandé le rejet pur et simple du document. Dans les grandes lignes, elle reproche à l’Exécutif un relâchement sur les mesures d’économies appliquées ces dernières années, une sous-estimation des recettes et des travaux à financer qui pourrait plutôt faire l’objet de préavis spécifiques.
Les socialistes ont bien tenté de sauver ce document essentiel au bon fonctionnement de l’administration communale. Ils proposaient un amendement prévoyant un million d’économies et un million de revenus supplémentaires. A leurs côtés, le Parti indépendant nyonnais (PIN), allié aux Vert’libéraux, souhaitait deux millions d’économies supplémentaires, sans rien toucher aux revenus prévus. En refusant ces deux amendements, le bloc PLR-UDC s’assurait le rejet du budget par le PIN et les Vert’libéraux, ce qui asseyait la majorité de non.
Le syndic, Daniel Rossellat, a eu beau se jeter dans la bataille, rien n’y a fait. «Refuser un budget est extrêmement grave. Cela prive l’appareil communal de tous ses moyens et mettra en danger la vie sociale, culturelle et sportive», a argumenté Daniel Rossellat. Il en a profité pour rappeler que ces prévisions négatives s’inscrivent dans un contexte plutôt positif: «Cinq millions de bénéfice aux comptes 2010 et on peut s’attendre à un bon résultat 2011. Nous ne sommes pas en train de creuser un trou. La dette diminue.» Ses opposants ont déploré que le syndic brandisse des menaces plutôt que de chercher des solutions.
Nyon commencera donc l’année 2012 au régime sec. Selon le syndic, une nouvelle version ne sera pas présentée avant mars. L’objectif, selon Claude Uldry, consistera à réduire la perte de 1,5?à 2 millions. «Mais la facture cantonale, on devra quand même la payer!» a averti Daniel Rossellat. D.SZ.