Elmira est aux anges. Avec son mari Yama et sa famille, cette jeune ressortissante tatare déguste du caviar, du cœur de saumon fumé Balik, et – avec modération – du champagne et de la vodka dans un des salons de réception du palace. L’apéro, fréquenté par les autres clients russophones de l’hôtel cinq étoiles, mais aussi par des Suisses, est offert par Caviar House et Prunier. Le tout au son du duo Dievet Strun (Neuf Cordes), soit les six de la guitare de Pavel et les trois de la balalaïka d’Andreiy. Au programme, des airs folkloriques:
Otchi chornye (Les yeux noirs) ou Podmoskovniye vechera (Le temps du muguet).
Au milieu du salon trônent plusieurs vitrines de montres, propriété du bijoutier Patrick Saegesser. Entre deux gorgées de champagne, le Jurassien conclut des affaires avec les Russes présents: «Ils sont très friands de montres en général. En particulier, les pièces originales et rares que je peux leur proposer.» Bien vu. Les clients de l’hôtel acquièrent quelques belles breloques. Avant de passer à table.
Le propriétaire du Grand Hôtel du Golf Palace, François Rielle, organise depuis un lustre une fête russe à chaque 6 janvier. Maître de maison attentionné, il explique que les russophones forment «une clientèle de quadragénaires avec familles. Ils viennent traditionnellement pour le Noël russe. Et ces dernières années, de plus en plus tôt dans la saison. Cet hiver, trois clients sur quatre sont issus des anciennes républiques soviétiques. Ils sont exigeants mais très bien élevés et reconnaissants.»
Denis illustre le propos: «Le service est magnifique, la nourriture est bonne et l’hôtel est très plaisant.» Ce jeune Moscovite, sa compagne Sasha, et dix autres membres de trois familles différentes, viennent pour la première fois ensemble en Suisse. «C’est très beau. Les pistes de ski sont excellentes. Nous sommes ravis.» Ils séjournent deux semaines dans la station valaisanne.
A table, le groupe s’offre les traditionnels cadeaux. Au son de la balalaïka, ils entonnent quelques airs. Dans les assiettes, la brigade de l’hôtel sert des plats plutôt occidentaux: foie gras, dinde de Bresse, croquant de chocolat. Les convives apprécient. A l’instar de Marina et Igor, venant également de Moscou et qui en sont à «leur troisième séjour dans les Alpes suisses. Après Grindelwald et Zurich. Toujours pour le Noël russe.» Leurs enfants Ivan et Mariya explorent l’hôtel e en prenant
des photos.