En septembre 2009, trois mois avant le Sommet de Copenhague, Noé21 présentait son plan climatique pour Genève. Ou comment atteindre, chez nous, les objectifs fixés par le GIEC, à savoir une baisse des gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2020 et de 95% d’ici à 2050. Pour y parvenir, l’ONG soumettait au gouvernement fraîchement élu un catalogue de mesures à mettre en place, ici et maintenant. Après un an et demi de législature, Chaim Nissim, Jérôme Strobel et Philippe de Rougemont, tous membres de Noé21, établissent leur bilan intermédiaire, distribuant bons et mauvais points au Conseil d’Etat.
Premier constat, les émissions totales du canton de Genève sont en baisse de 4% par rapport à 1990. Positif? A moitié. Car la tendance sur ces cinq dernières années est à la hausse, malgré un fléchissement ponctuel en 2009 lié à la crise économique. Concernant le secteur du bâtiment, Jérôme Strobel se félicite de la votation, l’an dernier, de la loi sur l’énergie et de l’introduction du Chèque Bâtiment Energie. Le remplacement des chaudières à mazout par des chaudières à gaz et les constructions aux normes Minergie ont également permis de diminuer les émissions de CO2. Toutefois, le rythme des rénovations, soit 2% par an, est jugé insatisfaisant. La bonne surprise vient du secteur des transports: la consommation de carburants dans le canton commence à décroître en même temps que le réseau TPG se développe. Avec un bémol. En effet, si la circulation automobile diminue en ville, on observe la tendance inverse aux limites du canton. Enfin, l’augmentation du trafic aérien et de la consommation électrique constitue le point le plus négatif de ce bilan. Sur ce dernier sujet, Philippe de Rougemont rappelle qu’une étude commandée par la Confédération démontre que chaque année en Suisse, 10 milliards de francs sont dépensés en énergies inutiles. Autant d’argent dilapidé au lieu d’être investi dans la «révolution énergétique». En résumé? C’est bien. Mais peut mieux faire.