A Genève, voter à droite et surtout dans l'opposition est une tradition qui existe depuis longtemps, comme à l'époque des "Vigilants", rappelle lundi Andreas Ladner. Il n'est pas sûr que ce potentiel existe dans d'autres cantons. Cela dépend de plusieurs critères, dont la force de l'UDC et de l'extrême-gauche qui mobilisent tous deux ce genre de votes.
Or, si la première est bien présente dans le canton de Vaud, la seconde reste encore ferme et active à Neuchâtel. Ces deux cantons disposent en outre de traditions politiques plus stables qu'à Genève, note le politologue.
Des mouvements tels que le MCR exploitent surtout le mécontentement. Ils lancent un ballon d'essai et après regardent le résultat. S'il y a un thème juteux avant les élections, ils peuvent faire mouche. Mais montrer que l'on est une force politique indispensable pour le bon fonctionnement d'une ville ou d'un canton est une autre paire de manches, selon M.Ladner.
Ce n'est pas l'avis d'Eric Stauffer, leader du Mouvement citoyen genevois (MCG) et président ad intérim du MCR. Une poignée de gens bien déterminés peuvent obtenir de grands résulats avec des thématiques propres à chaque canton, estime-t-il. Il a rappelé que le MCG est devenu en quelques années la 2e force politique du canton de Genève, raflant 17 sièges sur 100 aux dernières élections cantonales.
Elections fédérales
Se plaçant "hors des clivages politiciens traditionnels gauche-droite", le MCR vise pas moins de sept sièges aux élections fédérales de 2011. Il est composé pour l'heure du Mouvement citoyen vaudois (MCVD) dirigé par Jonathan Newton (24 ans). Son homologue du MCNE (Mouvement citoyen neuchâtelois) est David LEpée (26 ans).
D'autres partisans sont en train de donner naissance à des mouvements à Fribourg, dans le Jura et le Valais, selon le communiqué du MCR.