A huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, l’affaire Bettencourt n’a pas fini de faire des vagues en France. Cette fois, c’est
Le Monde
qui, dans son édition datée d’aujourd’hui, affirme que la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, contre espionnage) a bien examiné les appels téléphoniques de son journaliste, Gérard Davet, pour identifier ses sources dans ses enquêtes sur l’héritière de L’Oréal.
Interrogé sur France-Info, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a confirmé que la DCRI avait bien réalisé des «repérages de communications téléphoniques» afin «de rechercher l’auteur de la divulgation à l’intérieur de l’administration de procédures judiciaires, ce qui est tout à fait scandaleux».
L’avocate du Monde, Catherine Cohen-Richelet, a qualifié les propos de Guéant de tentative de «sauver les meubles». «Je ne sais pas ce qu’ils appellent des repérages de communications, mais s’ils ont examiné les «fadettes» (ndlr: facturations détaillées des appels passés par Gérard Davet), c’est en contravention totale avec la loi», a déclaré l’avocate.
En France, le recours aux «fadettes» ne peut se faire que sur requête du premier ministre ou d’un magistrat selon une procédure strictement encadrée par la loi. Les écoutes pratiquées par des officines sont qualifiées de «sauvages» et donc illégales. Interrogée sur la suite possible de l’enquête, Me?Cohen-Richelet a estimé que la juge en charge du dossier allait probablement chercher à «remonter la chaîne des responsabilités».
Dans son éditorial intitulé Liberté de la presse et mensonge d’Etat,
Le Monde
affirme que «c’est bien au service personnel de Nicolas Sarkozy que des fonctionnaires de l’Etat ont, en l’occurrence, travaillé. Ce qu’il faut bien, désormais, qualifier d’affaire d’Etat accrédite le soupçon de l’existence d’un «cabinet noir» au sommet de l’Exécutif. Ce n’est un bon signe pour personne», conclut le quotidien.