Certains sont torse nu et montrent fièrement leurs plaques de chocolat. D’autres ont sagement gardé leur t-shirt. Ils sont douze et font face à un écran TV qui s’apprête à cracher les premières notes de Beat It de Michael Jackson. Pendant cinq minutes, sous le regard amusé de leur «coach», Jean- Bernard Camp, ils tentent alors de suivre le rythme imposé par la Wii et de reproduire la chorégraphie dans ses moindres détails. Pas évident!
Etre candidat à l’élection de Mister Suisse romande est un véritable sacerdoce. On sue sang et eau sous les poids et haltères pour sculpter le corps idéal, on essaie des maillots de bain tout sauf glamour et… les sponsors n’ont d’yeux que pour les douze demoiselles qui se déhanchent sur le dernier tube de Jenifer: Je danse. Chienne de vie! Hier matin, Bernard Dick, directeur général de la marque Snyper, a fait le déplacement à la Halle des Sablières, scène des répétitions, pour présenter la montre destinée à LA gagnante de l’élection. Comble de l’ironie: ce chronographe en titane – avec ses deux barrettes de fixation – dévoile une ligne plutôt masculine. Et son nom, Snyper, nous transporte au cœur de la guérilla urbaine. Sans talons aiguilles. Ni couronne. Loin des paillettes!
«C’est vrai, nos produits sont destinés aux hommes», admet Bernard Dick. «Mais les femmes aiment aussi porter de grandes montres, il y a plus d’impact visuel…» Chez Snyper, on a pourtant tenu à «féminiser» ce modèle spécial. En y ajoutant 144 diamants – the girl’s best friends, ajouterait Marilyn – autour du cadran. Valeur de l’objet? Près de 14?000?francs. Mais on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la stratégie marketing de cette marque genevoise, créée en 2008, suite à un délire entre potes sous le soleil de Monte-Carlo: pourquoi la Miss, et pas le Mister?
«Historiquement, il y a toujours eu plus de rêve et de glamour autour de la Miss», explique Jean-Denis Delétraz, pilote émérite (qui participera d’ailleurs aux 24?h du Mans dans un mois) et associé dans cette affaire. «Nous venons de reprendre la marque, en décembre dernier, et nous cherchons à la développer. Nous avions besoin d’une ambassadrice de charme pour améliorer notre visibilité.» Présents à Courchevel, Saint-Barthélémy ou Beverly Hills, Snyper espère dénicher trois points de vente à Genève avant la fin de l’année. «Avoir Miss Suisse romande sous contrat nous permettra d’utiliser son image pour nos campagnes de pub et nos événements!»
Organisateur de la double élection – agendé samedi prochain à Montreux, Enzo Lo Bue n’a pourtant pas perdu l’espoir de convaincre Bernard Dick de faire aussi un geste pour son Mister. «Si vous vous donnez à fond sur scène, il se peut qu’il y ait une bonne surprise à l’arrivée!» a-t-il déclaré aux douze candidats. A voir l’intérêt qu’ils ont tous porté pour le modèle en acier, ils ont certainement marqué des points…
Election de Miss et Mister Suisse romande, le samedi 14 mai à l’Auditorium Stravinski à Montreux. Billets: Ticketcorner.