La porte de l’avion de Benoît XVI s’est ouverte hier à midi pile à Madrid, respectant l’agenda très chargé du pape. Près de 2000 pèlerins et volontaires l’attendaient, enthousiastes, supportant les fortes températures en chantant. Le couple royal, accompagné de l’archevêque de Madrid, a accueilli le pape au pied de son avion.
Dans son premier discours, Benoît XVI est rapidement entré dans le vif du sujet. En demandant d’abord du respect pour les catholiques, qui se voient «privés des signes de leur présence dans la vie publique». Il a choisi d’insister ensuite longuement sur la nécessité d’une dimension éthique dans l’économie, fustigeant la précarité de l’emploi qui fait que «beaucoup de jeunes regardent avec préoccupation leur avenir». Il en a profité pour dénoncer les défis de la consommation et l’hédonisme actuels. C’est un discours finalement très spirituel mais ancré dans la réalité économique, qui ne passera pas inaperçu dans un pays où près de 43% des moins de 25?ans sont au chômage.
Il s’est ensuite rendu au cœur de Madrid, sur la place de Cibeles, où il a été accueilli par une foule enthousiaste de plusieurs centaines de milliers de pèlerins catholiques des cinq continents.
Mais il semble peu probable que le discours du pape ait convaincu les manifestants de mercredi soir (entre 5000 et 8000) qui protestaient contre sa visite et les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Ils réclamaient davantage de laïcité et critiquaient les dépenses publiques indirectes qu’entraînent les JMJ. Ils citaient pêle-mêle les 10?000 policiers mobilisés, les écoles publiques qui hébergent des pèlerins, le renforcement des transports publics.
Ce qui avait commencé comme une manifestation laïque joyeuse et détendue s’est rapidement transformé en un face-à-face très tendu avec les pèlerins. «Nous n’acceptons aucune violence, mais je ne comprends pas comment la visite du pape est si sécurisée et notre manifestation si peu protégée», expliquait Francisco Delgado, président d’Europe laïque.