Libye

«La Libye ne sera pas un nouvel Irak et encore moins un bourbier afghan»

Par Andrés Allemand le 21.03.2011 à 22:13

Les bombardements de la coalition, tout en desserrant l’étau autour de Benghazi, sèment le trouble en Occident. Questions

A peine formée, la coalition internationale se lézarde. Après les bombardements du week-end, l’Italie se déclarait hier opposée à une «guerre contre la Libye». Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, réaffirmait son soutien à la coalition après avoir critiqué la veille les frappes qui pouvaient tuer des civils. L’Allemagne, sceptique depuis le début, dénonçait «les risques». Une étrange cacophonie, alors que les troupes de Kadhafi ont reculé jusqu’à Ajdabiya, à 160?km au sud de Benghazi, sans pour autant cesser le combat. Comment s’y retrouver dans cet imbroglio? L’analyse de Joseph Henrotin, du Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux à Aix-en-Provence.

La coalition n’a-t-elle pas outrepassé le mandat de l’ONU?

Absolument pas. La résolution adoptée jeudi par le Conseil de sécurité prévoit de prendre «toutes les mesures nécessaires» pour protéger les civils en Libye. C’est donc un blanc-seing pour la coalition qui décide elle-même quelles opérations s’imposent. Cela couvre bien sûr la zone d’exclusion aérienne, mais aussi le bombar­dement des chars et des engins d’artillerie qui menaçaient de faire d’innombrables victimes à Benghazi. Et même la destruction d’un poste de commandement important de l’armée libyenne. A présent, il s’agit d’attaquer la logistique de Kadhafi, car les militaires ont besoin de faire venir les obus par la route côtière. Quitte à frapper plus près de Tripoli que de Benghazi. On est clairement dans une stratégie de prévention.

Pourtant, il y a polémique. La coalition n’est-elle pas entrée en guerre aux côtés des insurgés?

Ce n’est pas si simple. C’est vrai qu’il y a, de facto, une répartition des tâches. La coalition détruit l’armement lourd de Kadhafi, celui qui fait le plus de morts. Les insurgés font le «sale boulot»: armés de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs, ils s’occupent des soldats qui n’ont pas encore fait défection. Cela fait reculer le front de ville en ville. Simultanément, la coalition fragilise l’armée en attaquant sa logistique. Le pays n’est pas très urbanisé, il est aisé de frapper les camions de ravitaillement entre deux agglomérations. Ce qui fait l’affaire des insurgés. Et ne déplaît évidemment pas aux membres de la coalition…

Les forces occidentales vont-elles s’embourber comme en Irak et en Afghanistan?

Non. Pas si les Occidentaux ne font que ce qu’ils savent faire: briser une
armée. En Irak, les troupes de Saddam Hussein avaient été défaites rapidement. En Afghanistan, les bombardements avaient permis aux insurgés de renverser les talibans. Ça se gâte quand on envoie des troupes au sol pour reconstruire le pays. Cette fois-ci, je ne crois pas que la même erreur sera commise. Cette guerre doit absolument être gagnée par les insurgés.

Les insurgés sont-ils capables de remporter la guerre?

Ce sont des combattants disparates, mal entraînés, mal encadrés, mais beaucoup plus motivés que les soldats. Ils s’approvisionnent en armes légères par la frontière égyptienne. Je m’attends à ce qu’ils avancent vite et qu’ils arrivent dans quelques jours près de Tripoli. Là, ils devront affronter le noyau dur du régime, qui n’a plus rien à perdre. Et combattre maison par maison. Avec l’aide, peut-être, de la population. Sauf s’ils décident d’abandonner à Kadhafi la capitale et de ne garder que la Libye «utile». Celle du pétrole.

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