Insécurité

Les libéraux-radicaux réclament des peines plancher

Par Marc Bretton le 25.08.2011 à 18:03

Le candidat au National PLR Murat Alder propose de durcir le Code pénal. En suivant l’exemple français

Insécurité, lois laxistes: à deux mois des élections fédérales, les candidats et les autorités cantonales font feu de tout bois. Hier, dans Le Matin, le procureur général Daniel Zappelli jugeait le Code pénal actuel inadapté. Aujourd’hui, le candidat PLR Murat Julian Alder propose ses solutions. Interview.

Murat Julian Alder, la petite criminalité pourrit la vie des gens. La justice et les autorités semblent impuissantes face au phénomène. Que faire?

Selon l’avocat pénaliste zurichois Valentin Landmann, la criminalité est un marché sur lequel les délinquants évaluent les gains et les risques. Aujourd’hui, ils savent qu’ils ne risquent pas grand-chose, car notre Code pénal de 2007 semble avoir été fait par des soixante-huitards pour des soixante-huitards! Il remplace des peines de prison par des jours-amendes, c’est-à-dire une amende quotidienne à payer durant un certain temps.

Ce système est dissuasif pour un citoyen effrayé par la perspective d’avoir un casier judiciaire, mais pas pour un criminel endurci et sans revenus. Il ne favorise pas non plus la réinsertion.

Vous qualifiez le Parlement fédéral d’assemblée de babas cool? L’UDC, le PLR et le PDC y occupent pourtant plus de 70% des sièges…

C’était une boutade… Six mois après son élection, en 2008, Christian Lüscher a déjà tiré la sonnette d’alarme, suivi de notre colistier Olivier Jornot en 2009. La balle est dans le camp du Département fédéral de justice et police, qui n’a pas proposé de changements depuis. Combien de délits devront-ils encore être commis pour que la situation change? Aujourd’hui, en fonction des circonstances, un crime grave peut être puni par des simples jours-amendes. C’est le cas des lésions corporelles graves, du brigandage, de la contrainte sexuelle ou du trafic de stupéfiants.

Croyez-moi, les dealers connaissent au gramme près ce qui peut les envoyer en prison. Je propose donc de remplacer les peines pécuniaires par des peines de prison pour les délits graves et d’introduire des peines plancher en cas de récidive.

Comment fonctionneraient ces peines plancher?

Sur le modèle de la loi Dati en France. On introduirait des peines plancher de l’ordre d’un quart à un tiers de la peine maximale encourue. Ainsi, cela donnerait quatre ans pour un viol avec récidive, par exemple.

Et combien pour un voleur de sacs récidiviste ou un dealer souvent attrapé avec quelques doses seulement?

Pour un vol de sacs, deux à quatre ans selon le degré de violence, et pour une petite quantité de drogues, une année. Le droit pénal ne doit pas servir à se venger, mais doit prévenir la récidive. Il est vrai que cela pourrait augmenter la population carcérale. On a de la peine à l’accepter, mais on n’a pas le choix: depuis la construction de Champ-Dollon, la population a doublé, il faut donc agrandir nos prisons, comme Genève en prend le chemin grâce à Isabel Rochat et Mark Muller.

De plus, la détention doit se faire dans des conditions respectueuses des droits des détenus. Il faut enfin développer l’aide au développement, dans la mesure où l’immigration illégale est profondément liée aux écarts entre le Nord et le Sud. On pourrait ainsi accorder des «primes» aux pays acceptant de reprendre leurs ressortissants illégalement présents en Suisse.

Le problème, c’est que les pays concernés veulent rarement conclure un tel accord. Ni Ruth Metzler ni Christoph Blocher n’ont fait de miracle en la matière…

C’est vrai. Nous n’avons que deux accords, avec la Norvège et avec Malte… Apparemment, ce n’est pas la priorité de Micheline Calmy-Rey et Simonetta Sommaruga. Pour moi, c’est inacceptable qu’un Etat ne reprenne pas ses propres ressortissants. Donc, si la méthode de la carotte ne marche pas, il faudra hélas recourir au bâton avec des sanctions envers les pays qui ne veulent pas collaborer.

A lire demain: Loly Bolay (PS) livre son analyse sur l’insécurité

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