«Actrice européenne la plus récompensée du monde» (29?Awards), la Franco-Vietnamienne a été élue «meilleure actrice française», mardi soir à Paris, lors de la cérémonie des Hot d’Or pour son rôle dans Pirates Stagnetti’s Revenge, du réalisateur américain Joone Lewis – le film pour adultes le plus cher de tous les temps avec près de 10 millions de dollars de budget. Elle a également reçu une statuette saluant le «meilleur blog internet d’actrice».
Au générique de plus de 300 films, Katsuni, 30?ans, porte un regard lucide sur son métier.
– On dit que le X aujourd’hui va trop loin dans les pratiques. Qu’en pensez-vous?
– C’est ce qu’on disait il y a quinze ans, c’est ce qu’on dira dans quinze ans également! Par définition, le porno dérange. Ce n’est pas forcément les pratiques en elles-mêmes qui me gênent, mais la manière de les montrer et la façon dont elles sont diffusées. Avoir accès à des pratiques très hard en gratuit sur le web, par exemple, voilà le vrai problème!
– Les critiques sur le X évoquent souvent la mauvaise image qu’il donne de la femme. On dit aussi qu’il est souvent la cause des déviances sexuelles (viol, tournante, etc.) chez les jeunes. Avez-vous un avis là-dessus?
– Il ne faut jamais perdre de vue que les films X sont des mises en images de fantasmes sexuels. Ce sont donc des caricatures répondant à des besoins assez «primaires». Il n’y a pas de mal à cela à partir du moment où l’on considère cela comme un jeu pour exciter sa libido, et non comme une référence pour sa propre sexualité. C’est tout le problème concernant un public trop jeune. Il n’a pas encore de repères et se trouve face à des images qui vont contribuer à son éducation sexuelle. Cela peut s’avérer dangereux. Le porno a en fait les mêmes côtés pervers que les jeux vidéo, les films violents ou l’alcool: à forte dose et mal consommés, ils sont un facteur de marginalisation, voire de criminalité. Consommés «sainement», ils sont un divertissement, rien de plus.
– Vous venez de fêter vos 30?ans et vous êtes toujours là. Comment expliquer une telle longévité?
– C’est simplement le métier qui me correspond. J’aime ce que je fais, je cherche toujours à évoluer et je fais les choses sérieusement. Je conçois le X comme un terrain de jeu et une carrière, pas comme un job d’appoint choisi par défaut.
– Tout ce qui intéresse les «nouvelles» actrices X, c’est d’être célèbres et de devenir la nouvelle Clara Morgane. D’accord avec cette définition?
– Oui. Heureusement, il y a toujours quelques passionnées. Je pense à la nouvelle Dorcel Girl, Mia Vendôme, qui est vraiment là par passion. Mais beaucoup se leurrent. A défaut de faire la Star Ac ’ ou de courir les castings, beaucoup rêvent de reconnaissance à tout prix et rêvent d’être la nouvelle Clara. C’est une grosse erreur. Son parcours est exceptionnel, parce qu’on a eu à un moment donné une fille exceptionnelle dans une conjoncture idéale. Mais il ne faut pas oublier le principal: faire du X, c’est avoir des rapports sexuels filmés avec des gens qu’on ne désire pas forcément et vendre son image à vie, pas d’obtenir un pass VIP pour la célébrité!
Quand Katsuni fait la promo d'un DVD
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