Les jeunes s’impliquent toujours autant dans la recherche d’un travail. Ils placent cependant la profession en troisième position de leurs priorités, après la famille et les amis. C’est ce que révèle la dernière enquête «ch-x», sur l’accès des jeunes au monde du travail, publiée hier par le Département fédéral de la défense (DDPS).
Selon l’étude, les jeunes aspirent à «un travail varié et une bonne camaraderie entre collègues», mais ils continuent de choisir des métiers traditionnellement attribués à l’un ou à l’autre sexe: le manuel et la technique pour les hommes, l’artistique et l’éducatif pour les femmes. Un constat partagé par Grégoire Evéquoz, directeur de l’Office genevois d’orientation professionnelle: «Les métiers n’ont pas de sexe. Même si l’office lutte contre les stéréotypes, les mentalités sont lentes à faire évoluer. En revanche, le recul de l’investissement au travail n’est pas nouveau». Son homologue vaudoise, Isabelle Taher- Sellers, exprime le même regret: «Les filles choisissent toujours les mêmes orientations. Les habitudes changent très lentement.»
Les hommes visent davantage des positions de prestige, mais l’enquête révèle que les femmes aspirent plus qu’avant à «diriger». «Le succès des MBA confirme cette tendance», reconnaît Grégoire Evéquoz. Un attrait qui colle avec le fait que les 47?000 Suisses sondés ont une bonne confiance en eux pour aborder le monde du travail. Toutefois, les stages préprofessionnels effectués par la moitié d’entre eux augmentent leurs chances d’être engagés. «Certains jeunes effectuent jusqu’à 6 ou 7 stages, mais c’est l’adéquation entre eux et l’employeur qui compte. Il n’y a pas de règle universelle», explique Isabelle Taher-Sellers.
Décrocher un contrat exige des efforts variables, notamment en nombre de postulations. Pour un tiers des apprentis ou des jeunes en formation, l’enquête montre qu’une seule présentation suffit. En revanche, les deux tiers restant postulent entre deux et dix?fois avant de décrocher un job, voire jusqu’à 40?fois pour 8% d’entre eux. De leur côté, les jeunes étrangers rencontrent plus de difficultés à entrer dans le monde du travail. «A Genève, deux tiers des apprentis décrochent une place au premier contact, se félicite Grégory Evéquoz. Tout dépend des réseaux de la personne, de son niveau scolaire et de l’endroit où il vit. Les critères valent aussi pour les étrangers.»
L’enquête fédérale a interrogé les jeunes appelés à effectuer leur école de recrues mais aussi trois autres échantillons représentatifs, soit 1600 Suissesses, 165 étrangers et 130 étrangères du même âge.