Sans surprise, Jean Sarkozy, 23 ans, a recueilli les 30 voix de la majorité UMP-Nouveau Centre dans le département, contre 15 voix pour la candidate de l’opposition. Sous le feu des critiques depuis plus de dix jours, le jeune conseiller général des Hauts-de-Seine a voulu mettre fin à la polémique en expliquant jeudi soir qu’il renonçait à briguer la présidence de l’EPAD, tout en maintenant son souhait d’entrer au conseil d’administration de l’établissement en charge de la gestion du grand quartier d’affaires de la Défense.
"Je veux entrer dans le débat sur le fond, je ne souhaite pas surfer sur les polémiques", a déclaré le fils du chef de l’Etat, avant son élection au poste d’administrateur de l’EPAD.
"Entre toutes les attaques qui ont été formulées, que j’ai entendu à mon endroit, il y a bien une chose au moins que vous ne pourrez pas contester", a-t-il poursuivi, s’adressant aux conseillers généraux d’opposition, "c’est que nous avons mis la question de l’aménagement du quartier de la Défense au coeur du débat public".
Le président UMP du conseil général, Patrick Devedjian a "salué" à cette occasion "la décision responsable et digne" de Jean Sarkozy.
L’élection du président de l’EPAD doit se dérouler le 4 décembre lors du prochain conseil d’administration de l’établissement. Vendredi après-midi, le seul candidat déclaré restait le maire communiste de Nanterre Patrick Jarry.
"Je crois que c’est dommage qu’on l’ait précipité dans une situation politique de la sorte. C’est une grosse faute politique pour débuter sa carrière, il va traîner ce moment comme un boulet", a souligné ce dernier sur France-Info.
"Je pense que c’est une épreuve pour le fils et pour le père, c’est un échec qui le poursuivra encore longtemps", a pour sa part estimé le président socialiste du Conseil régional d’Ile-de-France Jean-Paul Huchon. "Les Sarkozy sont marris et extrêmement atteints", a-t-il observé sur Europe-1. M. Huchon a jugé que Jean Sarkozy avait pris une décision "lucide, raisonnable" mais "un peu tardive".
Le haut commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch a jugé que la décision du fils du président "clôt un épisode qui occultait beaucoup de choses". "Ça perturbait tout", a-t-il expliqué. "La semaine dernière, c’était la semaine du refus de la misère", et "on préférait m’inviter pour parler de Jean Sarkozy" plutôt que "des chiffres de réduction de la pauvreté".
Jean Sarkozy va remplacer au poste d’administrateur Hervé Marseille (Nouveau Centre), vice-président du conseil général et maire de Meudon, qui a démissionné au début du mois d’octobre.