L’ancien chef de l’Etat, qui vient de fêter ses 77 ans, revient sur la période allant de son enfance à la présidentielle de 1995 dans le premier tome de ses mémoires, intitulé "Chaque pas doit être un but" (Nil Editions). Le livre doit sortir jeudi en librairie, moins d’une semaine après l’annonce du renvoi de son auteur en correctionnelle dans l’affaire des chargés de mission de la mairie de Paris.
Le "Parisien" en a publié mardi quelques extraits consacrés aux rivaux, adversaires ou anciens amis politiques de l’ancien président. "La communication a toujours été difficile entre Giscard et moi, avant de devenir impossible à la fin de son septennat, tant j’ai du mal à comprendre ses réactions, ses façons d’être et sa psychologie", raconte Jacques Chirac, qui avait contribué à la défaite de l’ancien président à la présidentielle de 1981.
"Un jour, Giscard assurera avoir ’jeté la rancune à la rivière’. Mais ce jour-là, la rivière devait être à sec, tant cette rancune est demeurée tenace et comme inépuisable. En démocratie, la défaite d’un homme est rarement une perte irréparable", ajoute-t-il.
"J’avais confiance en Edouard Balladur", souligne aussi M. Chirac, rappelant qu’un accord politique, "ayant aussi valeur de contrat moral", avait été conclu entre les deux hommes. "Au fond de moi, j’ai encore peine à croire que le Premier ministre soit en train de trahir ses engagements", dit-il. "Je n’aurai jamais d’explication d’homme à homme avec Edouard Balladur.
Dans les extraits publiés par le quotidien, Jacques Chirac évoque à ce sujet son successeur Nicolas Sarkozy, qui a été "le premier à s’éloigner" en 1995. "Cette première défection ne me laisse pas indifférent. Nicolas Sarkozy est à mes yeux bien plus qu’un simple collaborateur", explique-t-il.
"Je l’avais remarqué à l’occasion d’un de nos meetings. Je lui demandai de venir travailler à mes côtés, ce qu’il fit aussitôt, prenant part efficacement à toutes mes campagnes, avec cette volonté, qui ne l’a pas quitté, de se rendre indispensable, d’être toujours là, nerveux, empressé, avide d’agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication", salue M. Chirac.
L’ancien président rend par ailleurs hommage à son prédécesseur et adversaire François Mitterrand, malgré leur difficile cohabitation entre 1986 et 1988. Un homme d’une "finesse de jugement et d’une intelligence tactique qu’(il) a rarement rencontrées dans le monde politique". "’Salut l’artiste’, m’est-il arrivé de penser en assistant à quelques-unes de ses prestations".