Football, Euro M21

Innocent Emeghara, coupable d’être très doué

Par De notre envoyé spécial Arnaud Cerutti le 20.06.2011 à 23:27

Le petit attaquant de Grasshopper est l’une des grandes révélations de cet Euro 2011

On l’imaginait volontiers plus grand et plus costaud. Mais quand Innocent Emeghara présente ses 170?cm à notre table, c’est davantage sa timidité qui frappe. Le petit numéro 7 des «Rougets» a beau être l’une des révélations de ce championnat d’Europe, il avance la modestie chevillée au cœur et au corps. Alors que la Suisse prépare sa demi-finale de demain contre la République tchèque, ce régal de bonhomme, superstar en devenir, ne roule pas les mécaniques. Car il sait d’où il vient.

De Challenge League, bien sûr, où il évoluait encore la saison dernière avec le FC Winterthour, mais surtout d’un village de 500 âmes au Nigeria. Le chemin parcouru depuis le 27 mai 1989 force le respect. Elément indispensable de Grasshopper et de ces M21 qui font rêver le pays, «Inno» vit l’instant présent avec les yeux d’un gamin. Celui qu’il était dans les rues d’Obibi, quand la pauvreté régnait. «Mon enfance fut difficile, mais j’étais terriblement heureux, glisse-t-il avec son éternel sourire. Je n’avais pas tout ce dont j’avais besoin, mais je ne me posais aucune question, je ne pensais à rien. Je jouais avec mes amis et puis c’est tout.»

Le foot pour s’intégrer

Aujourd’hui, c’est ce bonheur qu’il continue de transmettre sur la pelouse. Elu homme du match contre l’Islande, il veut continuer à surfer sur cette vague d’enthousiasme. «Notre parcours est magnifique, il prouve qu’on est une très bonne équipe, reprend-il. Mais les choses très sérieuses débutent, car les Tchèques sont sûrement plus forts que les trois adversaires que nous avons battus jusqu’à présent.»

Mais Emeghara ne s’en formalise pas. «On peut enfin viser le titre», lâche-t-il. Fier d’être à Hobro, fier de représenter ce maillot rouge à croix blanche dont il rêvait tant, le Zurichois d’adoption a «survécu» à son arrivée en Suisse. C’était à l’âge de 14?ans. «La découverte d’une langue étrangère et les températures froides m’ont surpris, se rappelle-t-il. J’ai mis longtemps à m’y faire. Il a fallu que ma mère (ndlr: qui était arrivée deux ans plus tôt) m’inscrive au foot pour que j’y parvienne.»

«Un vrai bosseur»

Ballon rond au pied, renouant avec le plaisir de son enfance, Innocent a fini par dompter le schwyzerdütsch. Repéré par le FC Winterthour et passé par le FC Zurich, il a fait son trou au Hardturm cette saison (9 buts). Et goûté à la bande de Hitzfeld à Wembley. Le tout à force de travail.

«Je suis un vrai bosseur, confie-t-il. Quand je veux quelque chose, je fais tout pour l’obtenir.» Inspiré par Rainer Bieli, drillé par Ciriaco Sforza, il a trouvé son bonheur chez les M21. «Les M20 du Nigeria m’avaient appelé en 2009, mais ce n’était pas ce dont je rêvais. Pour moi, il était logique de représenter la Suisse. Ce pays m’a tout donné en matière de formation. C’est grâce à lui que j’ai gravi les échelons.»

Pierluigi Tami, son sélectionneur, n’y est pas… innocent non plus. «C’est un coach idéal, celui dont chaque joueur devrait avoir besoin, juge Emeghara. Il est calme mais sait parler franchement.» Le Tessinois a mis en confiance son joyau, qui ne se laisse pas abuser par les sirènes de cet Euro. «On me parle beaucoup de tous les recruteurs présents, mais, franchement, ce ne sont pas eux qui me feront bien jouer, dit le numéro 7. Je suis seulement venu ici pour gagner un titre.»

Encore deux matches et notre homme sera reconnu coupable d’être champion d’Europe. Il en a tous les moyens, physiques et techniques.

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