Dominique Cottrez a expliqué aux enquêteurs qu’elle avait étouffé les bébés à leur naissance. Elle a été mise en examen pour "homicides volontaires sur mineurs de moins de 15 ans". Deux petits corps ont été découverts samedi dernier, six autres mercredi, emballés dans des sacs.
"C’est une très bonne aide-soignante, une perle, une bonne personne, très humaine, qui possédait toutes les qualités", a témoigné Francine Caron, 63 ans, sa supérieure hiérarchique au sein du service de soins infirmiers à domicile de la ville de Douai, dans le nord de la France, où elle exerçait depuis 1984.
Selon Mme Caron qui décrit Dominique Cottrez comme "douce lors des soins", l’aide-soignante était très appréciée des personnes dont elle avait la charge et de ses collègues de travail. "Je l’ai vue pleurer" lors de décès de patients dont elle s’occupait, a-t-elle ajouté.
«J’aurais pu lui confier mes enfants»
Abasourdie par la révélation des faits, elle estime que "rien du tout (...) n’aurait pu faire penser à un tel comportement de sa part". "J’aurais pu lui confier mes enfants et mes petits-enfants, sans problèmes", a-t-elle souligné.
Patrick Mercier, le maire de Villers-au-Tertre, où habitaient les époux Cottrez, évoque "un couple uni" et décrit une mère de famille "discrète et sans histoires".
Au village, une commune coquette aux jardins fleuris où résident 620 habitants, les huit grossesses étaient passées inaperçues, peut-être du fait de la corpulence de la mère qui, selon des médias, pesait 130 kg. D’après Dominique Cottrez, son mari lui-même n’avait rien remarqué.
Le mari «veut comprendre»
Celui-ci "veut comprendre" ce qui s’est passé, selon son avocat, Pierre-Jean Gribouva.
"Il n’est pas dans la vindicte par rapport à son épouse, il a le mérite de vouloir comprendre", a assuré Pierre-Jean Gribouva, avocat de Pierre-Marie Cottrez, entendu comme témoin par le juge, qui ne l’a pas mis en examen.
"Il a tout découvert au cours de la garde à vue, au cours des déclarations de son épouse. Lui n’était pas au courant (...). C’est un choc", a affirmé Me Gribouva.
L’avocat de Mme Cottrez, Me Frank Berton, a décrit vendredi une femme "assez éprouvée, fatiguée et abattue", qui se trouve dans un "état de confusion assez important".
Il voit sa cliente libérée d’un lourd secret vieux de 20 ans. "Elle n’a plus à porter ça sur sa conscience et c’est aussi une sorte de soulagement".
"Pour elle, elle a dit l’essentiel", a-t-il assuré. "Savoir analyser pourquoi, ça elle n’en sait rien". Me Berton a appelé "à la plus grande prudence sur cette affaire hors normes".
"C’est très, très, très dur. Mais la vie continue. Les filles sont reparties ce matin travailler. Sans elle", a témoigné Francine Caron.