«J’ai honte de ce qu’on fait subir à notre pauvre terre», soupire cette infatigable militante de la cause écologiste. Après s’être intéressée aux chimpanzés, Jane Goodall a sillonné la planète. «Ce que j’ai vu a été comme un coup de fouet», explique-t-elle. Depuis plusieurs années, son opinion est faite.
Invitée des Rendez-vous mondiaux de Genève, la célèbre primatologue devenue l’une des icônes de la biodiversité et de la défense de l’environnement est venue tirer le signal d’alarme. Son constat: les dégâts causés par l’homme seront irréversibles si nos sociétés modernes ne revoient pas rapidement leurs modèles de croissance. Désignée Messager de la paix par les Nations Unies, la primatologue plaide aujourd’hui pour «un découplage de l’homme et de son mode de vie matérialiste».
A 76?ans, Jane Goodall assume son activisme. Même si le sommet de Copenhague auquel elle a participé n’a pas débouché sur des engagements forts de la part des Etats, elle ne voit pas cela comme un échec.
Changer d’attitude
Pour la scientifique britannique, Copenhague participe à une prise de conscience globale qui passe par les jeunes. «Ce sont eux qui peuvent pousser les décideurs à changer d’attitude», insiste-t-elle. Et de poursuivre: «Si l’on veut que tout le monde sur cette terre atteigne le même niveau de vie que les Européens, il nous faudra trois planètes», affirme Jane Goodall pour mieux souligner le caractère insensé de notre course au développement.
«Nous devons nous rappeler que nous n’avons pas hérité de cette planète mais que nous l’avons emprunté à nos enfants», rappelle Jane Goodall. Devant un public conquis, la conférencière a plaidé cet après-midi pour la biodiversité et une agriculture raisonnée. Et de marteler: «Ce que nous faisons aujourd’hui aura un impact sur ce qui se passera demain. Nous ne pouvons pas continuer à l’ignorer». Les préjudices causés par l’exploitation du pétrole et la déforestation sont parmi les défis les plus urgents. Malgré l’ampleur de la tâche, Jane Goodall reste optimiste. «En faisant fonctionner notre cœur et notre cerveau, on peut faire de la magie», dit-elle.