Grâce à Hans Wilsdorf, la Compagnie de 1602 aura de nouveaux costumes

Par Chloé Dethurens le 20.05.2011 à 20:39

La fondation a accordé un don de 400?000?francs aux organisateurs du cortège de l’Escalade

La plus célèbre des sociétés patriotiques genevoises va enfin se doter de nouveaux costumes. La Compagnie de 1602 vient de recevoir un don de 400?000?francs de la part de la Fondation Hans Wilsdorf. De quoi remplacer une partie des 800 tenues portées chaque année par les participants au défilé de l’Escalade.

Bon nombre de costumes de la Compagnie de 1602 commencent effectivement à se faire vieux. Collectée depuis le début du XXe siècle, une grande partie d’entre eux a été confectionnée dans les années cinquante. «Certains, environ 300, sont très usés. Les remplacer est aujourd’hui urgent, explique Ivan Rochat, président de la société. Avec un peu plus de 800 participants à habiller lors du défilé, nous avons peu de marge en matière de costumes. Voire aucune, dans certains groupes.»

La donation de la Fondation Hans Wilsdorf tombe donc à pic. «C’est une offre exceptionnelle, se réjouit Ivan Rochat. Elle nous permettra d’acquérir, sur trois ans, entre 150 et 200 costumes neufs, soit à peu près un quart du nombre total de tenues.» La Compagnie de 1602 continue néanmoins de chercher des fonds auprès d’autres institutions, afin de remplacer le reste des uniformes les plus usés. «Il nous faut encore trouver un montant d’environ 430?000?francs», précise son président.

En effet, la création de nouvelles tenues a un prix. Et il est élevé: jusqu’à 2500?francs pour un costume et ses accessoires, tels que couvre-chefs, chaussures, armes et ceinturons. La compagnie pouvait jusqu’ici à peine financer entre zéro et quatre costumes neufs par an, grâce aux bénéfices engrangés durant le cortège du 12 décembre.

Trouver les spécialistes pour réaliser ces vêtements et accessoires d’époque est, par ailleurs, de plus en plus complexe. Par exemple, les tailleurs mandatés par la Compagnie doivent aller jusqu’en Italie pour se fournir en tissus appropriés. La société est actuellement à la recherche d’une entreprise pouvant reproduire arquebuses et épées. Elle est en revanche parvenue à trouver un ébéniste genevois capable de réaliser les «apôtres», ces petits récipients de poudre en bois que portent les arquebusiers du défilé.

La compagnie tentera, pour ses nouveaux costumes, d’être au plus près de la réalité historique, mais ne bannira pas les couleurs du cortège. Objectif, ne pas se retrouver avec un défilé nocturne «trop triste». Le président conclut: «Nous suivrons une voie intermédiaire. Se conformer à 100% à l’histoire est complexe: nous avons effectivement créé nos tenues suite à des recherches historiques, mais aussi selon les dessins du peintre genevois Elzingre, qui ne sont pas tout à fait historiquement corrects.»