UDC, ton univers impitoyable! Rien ne va plus dans la section genevoise de l’Union démocratique du centre depuis les élections cantonales d’octobre 2009. Lundi soir, ce parti au bord de l’implosion aurait théoriquement une chance de crever l’abcès lors d’une assemblée qui devrait être houleuse et disputée. Mais même le fidèle Eric Bertinat, député et ancien secrétaire général, n’y croit plus. «Quelles que soient les décisions, elles seront mauvaises pour le parti, déplore-t-il. Nous serons perdants à tous les coups.»
En chute libre électorale, dévasté?par la concurrence que lui livre le Mouvement citoyens genevois (MCG), ravagé par la guerre que se sont livrée le conseiller national Yves Nidegger et l’ex-président Soli Pardo (qui a abouti à l’exclusion de ce dernier), l’UDC genevoise ne parvient pas à recoller les morceaux. Même le consensuel Eric Leyvraz n’est pas parvenu à imposer le calme dans la maison, pas plus qu’Yvan Perrin, le vice-président de l’UDC Suisse, reparti dégoûté en mai de sa tentative de médiation à Genève.
C’est le remplacement à la présidence d’Eric Leyvraz ainsi que celui d’un autre membre du comité directeur qu’abordera en premier l’assemblée qui se réunira à Meyrin. Cela aurait été l’occasion d’élire un homme ou une femme qui fait l’unanimité. Las! Cela n’existe plus à l’UDC.
Céline Amaudruz au front
L’équipe dirigeante actuelle a choisi d’envoyer au front la députée Céline Amaudruz, dont le père siège déjà au comité. Personne ne critique frontalement la jeune femme, mais certains veulent un renouvellement complet du comité directeur.
Sous l’impulsion des Jeunes UDC – qui ont divorcé d’avec la section cantonale – une proposition de nouveau comité avec neuf candidats a été lancée. C’est le constituant Ludwig Müller qui est proposé pour la présidence. «Mon but était d’en finir avec les querelles de chefs, explique Xavier Schwytzguébel, président des Jeunes UDC. Il faut renouveler entièrement le comité car il y a eu trop de démissions et le bilan politique est mauvais.»
En fait d’apaisement, c’est raté. Une querelle statutaire a enflé. Eric Leyvraz semble toutefois aujourd’hui être d’accord de soumettre les deux options à l’assemblée. «Nous n’allons pas faire d’histoire, dit-il. Les deux listes seront proposées, je veux liquider le problème.»
L’épine Soli Pardo
Oui, mais l’UDC n’en sera pas pour autant sortie de l’enfer. Car ensuite l’assemblée devra confirmer ou infirmer l’exclusion de Soli Pardo décidée par le comité.
L’ex-président du parti, élu à la Constituante, a été fortement critiqué lorsqu’il a décidé, seul, de diffuser les publicités qui parlaient du CEVA qui allait transporter la racaille d’Annemasse à Genève.
Le conflit entre lui et Yves Nidegger a ensuite pris de telles proportions que son exclusion a été prononcée en mai 2010. Lundi, il n’est pas certain qu’elle sera confirmée, même si beaucoup admettent que l’homme a commis des erreurs. Dans un cas comme dans l’autre, les démissions pourraient se multiplier. Quant au principal intéressé, il refuse de dire de quoi sera fait son avenir: «Cela dépendra évidemment de la décision me concernant, mais également de quel comité sera élu.»