Quatre ans après la honteuse bataille rangée d’Istanbul, qui avait permis à la Suisse de se qualifier pour le Mondial 2006, c’est en toute quiétude que la sélection helvétique prépare sa dernière rencontre de 2009.
Elle laisse la tension des barrages aux autres, la France en tête, dans son duel conte l’Eire. Déjà qualifiée pour le Mondial sud-africain de 2010, la Suisse savoure. Mais est-ce à dire que ce match amical contre la Norvège n’est qu’un pensum? Sûrement pas! Et Steve von Bergen en est même un peu plus persuadé que les autres.
Alors Steve, dernier match international de l’année. Sans pression puisqu’amical?
Avec pression. Parce que si nous sommes qualifiés, nous savons tous, les joueurs, que désormais chaque rencontre est une occasion de se montrer en vue des sélections pour le Mondial.
Cela veut dire que ce Mondial est donc très présent dans votre tête…
Attention: le Mondial, c’est dans six mois. Même plus. Mais dans une partie de ma tête, oui, j’y pense. Avec une fracture de la main, j’avais dû renoncer au stage qui précédait l’Euro 06. Je n’avais pas forcément toutes les chances d’être retenu, mais c’était difficile à vivre. En
revanche, maintenant, je me dis que j’ai toutes mes chances. Alors oui, à six mois du Mondial, un match amical, c’est important.
C’est surtout important quand on rencontre des problèmes avec Hertha Berlin, en pointant au dernier rang de la Bundesliga.
Oui, aussi. Douze journées, quatre points, c’est dur. Avec Favre, on avait marqué trois points. Depuis son limogeage, on en a inscrit un. Cela confirme ce qu’on savait: ce n’était pas un problème d’entraîneur. Capello n’aurait pas fait mieux. Mais bon, il faut se battre, dans des circonstances très pénibles à Berlin. Alors oui, venir en sélection, cela fait du bien. C’est une autre forme de pression.
Il y a un mois, Hitzfeld vous a préféré Senderos pour le match décisif contre Israël: comment l’avez-vous ressenti?
J’ai été déçu, c’est logique. J’avais forcément très envie de jouer ce match décisif. Mais le sélectionneur est venu me voir. Il m’a livré son choix, il a argumenté. Je ne peux que m’adapter. Et me battre pour me faire remarquer quand l’occasion m’est donnée.
Ce match contre Israël s’est soldé par un 0-0 et le public bâlois a sifflé la fin de match, quand la Suisse «gelait» le ballon. Comment avez-
vous accueilli ces sifflets?
Cela a été un sentiment bizarre. La Suisse n’est pas le Brésil, ne l’oublions pas. Pour un petit pays comme le nôtre, une qualification pour un Mondial reste quelque chose d’exceptionnel, non? Ces sifflets, nous en avons parlé entre nous. Plus que de la déception, nous avons ressenti une forme d’incompréhension. D’accord, le public veut nous voir gagner. Toujours. Or, à 0-0 à cinq minutes de la fin, nous n’allions pas prendre des risques. Mais il ne faudrait pas banaliser non plus l’exploit réalisé.
Ce dernier match a lieu à Genève: est-ce important de venir aussi en Suisse romande?
Oui, c’est un plaisir. Les amis et la famille viennent plus facilement. Et puis c’est bien de jouer en Suisse romande, oui.