HOCKEY, PLAY-OFF

Thomas Déruns laisse parler son expérience en play-off. Avec éclat

Par OLIVIER BREISACHER le 13.03.2010 à 00:04

L’attaquant de Ge/Servette, dans tous les bons coups contre Fribourg-Gottéron, fait parler la poudre dans la série. Il veut poursuivre sur sa lancée.

Il est pour l’instant le «topscorer» de Ge/Servette dans ces play-off. Avec ses deux buts mardi, puis ses trois assists jeudi, Thomas Déruns (meilleur compteur suisse des Aigles durant la saison régulière avec 50?points) pèse de tout son poids sur le cours des matches.

Son entente avec Tony Salmelainen et Paul Savary n’est plus à démontrer. Jeudi, ils ont été impliqués dans quatre des cinq réussites qui ont permis aux Grenat d’égaliser à 1-1 dans la série. Le secret de ce trio? «Nous nous amusons sur la glace, nous avons vraiment du plaisir», souligne Thomas Déruns, toujours aussi modeste et donnant crédit à tous ses coéquipiers.

Comme durant la majorité du championnat, la 2e ligne nominale des Aigles constitue le principal baromètre des performances. «Nous avions connu un petit creux à un moment, mais c’était presque normal», poursuit l’international, capable d’évoluer dans presque tous les registres.

Toujours pour le bien de l’équipe. Aux Jeux olympiques de Vancouver, Thomas Déruns a retrouvé le rôle d’ailier à vocation défensive, terminant tous ses checks. Avec le chandail grenat, il fait parler ses talents de buteur, mais aussi de passeur.

Heureux dans sa vie personnelle, passionné des belles voitures, détenteur de parts, avec John Gobbi et un autre ami, d’un garage à Perly, Thomas Déruns se sent comme un poisson dans l’eau. Ce qui se voit sur la glace et qui pourrait bien influer sur l’issue de ce quart de finale. Il est vrai qu’à 28?ans, le Chaux-de-Fonnier peut désormais laisser parler son expérience dans les séries de hockey.

Ne pas se prendre la tête

«Par le passé, j’étais presque trop dans ma bulle au moment des play-off, souffle-t-il. Je me prenais presque trop la tête, pensant en permanence à ce que je devais accomplir sur la glace. Aujourd’hui, j’essaie avant tout de jouer au hockey…»

Le succès de jeudi à Saint-Léonard a fait le plus grand bien aux Grenat, qui se retrouvent un peu dans la même situation que les Fribourgeois après leur victoire initiale: heureux et satisfaits, mais pas du tout euphoriques. L’empoignade est loin d’être décidée, même si avec le prochain retour de Kolnik (dès mardi) et la possible longue suspension de Heins, un tournant pourrait s’être produit.

Thomas Déruns sait dégager les priorités. Pas envie de polémiquer sur l’agression de Shawn Heins. «A quoi cela servirait-il? s’interroge-t-il. Chacun connaît ce personnage qui nuit avant tout à sa propre équipe.» L’attaquant des Vernets avait lui-même été victime de la hargne du Canadien la saison dernière (voir ci-dessous). ?


Les choix étonnants et discutables de la TSR

Loin de nous l’idée de tomber dans un débat puéril d’un prétendu traitement privilégié, par le Service des sports de la Télévision suisse romande, d’un club, par hypothèse Fribourg-Gottéron, par rapport à un autre, toujours par hypothèse, Ge/Servette.

Pas question non plus d’ergoter sur le choix, durant la saison régulière, de recruter pour une retransmission en direct Fribourg-Ge/Servette, Michael Ngoy, défenseur des Dragons, comme consultant.

Fermons aussi les yeux sur les propos de Didier Massy, arbitre des deux premiers rounds de la série, et par ailleurs (excellent) consultant de la TSR: «Nous souhaitons tous que Fribourg aille le plus loin possible cette saison en play-off», déclarait-il sur le plateau de la TSR en décembre. Soulignant que «Gottéron est l’équipe romande qui a suscité le plus d’émotions en play-off ces dernières années».

Question: quid de la finale des Grenat en 2008?
Mais il est difficile de ne pas s’interroger sur la couverture de l’acte II des play-off, lors de l’agression de Shawn Heins sur Daniel Rubin (crochet du gauche). Bizarrement, malgré un grand format de 21?minutes, l’une des scènes clés (le doigt d’honneur de Heins) n’a pas trouvé grâce sur les écrans de la TSR et n’a même pas été évoqué. Alors que la SF TV, qui n’a consacré que quatre?minutes d’images au derby, n’a pas failli à ses devoirs d’information.

Quant au commentateur de la TSR, il est le seul (avec Serge Pelletier) à trouver des circonstances atténuantes à Shawn Heins. Certes, le capitaine de Gottéron a «sauvagement agressé Rubin». Mais, à trois reprises, en quelques minutes, il explique aussi que «Rubin a un peu été le mauvais garçon du match, parce qu’il a beaucoup allumé les joueurs fribourgeois». Puis: «Rubin a un peu taquiné les Fribourgeois toute la soirée.» Et d’enchaîner enfin: «Rubin n’a d’ailleurs pas été tendre avec Fribourg ce soir, donnant souvent de petits coups insidieux, étant très nerveux sur la glace (…) Finalement, c’est Shawn Heins qui l’a mis au tapis.» Une punition bien méritée donc… (olb)


Le juge s’occupe du cas Heins

«Est-ce que le Cirque du Soleil s’est installé à Genève?» demandait, hier, Serge Pelletier. Pourquoi cette drôle de question? «Ça expliquerait pourquoi le match a été arrêté pendant trente minutes pour Rubin.»

L’entraîneur-pleurnicheur de Fribourg se plaignait que l’attaquant de Ge/Servette ait fait du cinéma après l’agression de Shawn Heins. Un récidiviste notoire au demeurant, comme en témoigne son coup de poing au visage de Déruns (novembre 2008) avec 3 matches de suspension à la clé, et son geste obscène au public davosien (mars 2009) assorti d’une rencontre dans les tribunes.

Daniel Rubin, lui, se remet gentiment du k.-o. infligé par Shawn Heins. Selon l’un des médecins du club, l’attaquant souffre d’une commotion cérébrale «légère à moyenne», de contusions cervicales et de contractures musculaires. «Nous réévaluerons la situation samedi», confie le docteur, Jean-Luc Ziltener.

Mais il serait étonnant que le principal intéressé pointe aux abonnés absents, ce soir.

De son côté, Serge Pelletier persiste et signe: «Le geste de mon défenseur ne méritait pas plus qu’une une double punition mineure.» Mais le juge unique – si, si, si… – n’a pas suivi ce jugement tendancieux. Il a ouvert une enquête contre le No 44 de Gottéron pour dureté excessive et geste obscène (un doigt d’honneur) adressé notamment à Goran Bezina.

Bernard Andrié


LES PLAY-OFF DE JOHN GOBBI

«Jamais trop haut, jamais trop bas»

«Never too high, never too low» (jamais trop haut, jamais trop bas): c’est la première chose que nous nous sommes dit jeudi soir, après l’acte II des quarts de finale.

Cette expression vient de la NHL. Je l’ai apprise par Jean-Guy Trudel, à Ambri, lors de la série de play-off disputée en 2004 contre Genève-Servette. Après les deux premiers matches perdus, il fallait trouver un moyen de garder l’espoir. C’était «Never too low». Aujourd’hui, c’est «Never too high».

On a gagné à Fribourg, c’est bien. C’est même excellent, mais pas de quoi non plus s’enflammer. Nous nous retrouvons à la case départ, avec une série au «best of five», et à nouveau ce «fameux avantage de 60?minutes».

Chacun le sait, le prochain match est toujours le plus important. Il est fondamental de ne pas perdre deux fois de suite devant notre public. Dans la vie, comme dans le hockey, il faut contrôler ses émotions. En cas de victoire ou d’échec, il importe de ne pas exagérer ses sentiments, surtout dans les play-off, avec à chaque fois le même adversaire.

Impossible de ne pas penser à Daniel Rubin, victime d’une faute bête et dangereuse de Heins. Un joueur comme lui n’a pas besoin de frapper quelqu’un par-derrière pour l’intimider, encore moins vu le score au moment des faits.

L’acte de Heins m’a fait froid dans le dos, me rappelant ce qui m’était arrivé récemment (avec le Bernois Scherwey à l’origine de ma commotion cérébrale). J’ai eu peur pour Rubin. Tout cela n’a rien à voir avec le hockey ou le sport en général. J’espère que le juge unique sera correct dans sa décision, vu les antécédents du personnage.

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