La leçon du samedi soir avait bien été retenue. C’est Chris McSorley qui le relevait lui-même: «Contre Lugano, nous avons commencé le match une minute après le coup d’envoi…» Le temps pour les hommes de Bozon de trouver la faille. Mais ce sera tout. Avec l’aide de l’inévitable Tobias Stephan, les Genevois allaient forcément faire la différence sur leur patinoire (4-1). C’est d’ailleurs à ça qu’on reconnaît un leader: sa capacité à faire la différence, justement. Hier, il fallait donc s’éviter un début de match manqué, surtout à l’extérieur.
Résultat: à Rapperswil c’était un Genève-Servette immédiatement concerné qui devait entamer la danse du scalp devant des Saint-Gallois pris de vitesse. Pressing, mouvements, occasions: le «one man show» servettien portait ses fruits dès la 8e?minute, avec Hoehener qui décalait Randegger, lequel trouvait la lucarne. Que pouvait-il bien arriver d’autre à ce leader en puissance qui ne doute de rien?
Eh bien une certaine forme de relâchement. La sanction tombait alors que Genève-Servette était en infériorité numérique (Rubin en prison), à seulement douze secondes de la première sirène. Rebelote ensuite. C’est à nouveau une fin de tiers balbutiée qui allait coûter cher: erreur de Malik à la ligne bleue, Riesen qui en profite et Murley qui finit le travail. Oups!
C’est un coup de main de Manzato qui allait permettre de revenir dans le match. Le portier des Lakers allait stupidement à la faute en donnant un coup de crosse inutile à Toms. Les vingt dernières secondes à cinq contre trois ne donnant rien, c’est le début du dernier tiers qui voyait les Aigles égaliser (Bezina pour Toms). Logique. Comme le but de Kolnik ensuite, qui donnait l’avantage aux Genevois: 3-2 à six minutes de la fin. L’affaire semblait en bonne voie, la hiérarchie respectée.
Coup de théâtre
Mais le coup de théâtre interviendra dans les ultimes instants. D’abord avec l’égalisation miracle de Roest (aidé involontairement par Mercier?). Ensuite avec une décision arbitrale qui provoquera la colère de Chris McSorley.
Sévère sanction?
L’arbitre sanctionnait Rubin de cinq minutes plus pénalité de match pour une charge sur Furrer. Une charge, certes. Méritant une telle sanction? C’est une autre histoire. Reste que Genève-Servette en était quitte pour jouer les ultimes secondes du match à quatre contre cinq, avant de commencer les prolongations à trois contre quatre. Mission impossible? Non! Kolnik, Salmelainen ou encore Trachsler auront des énormes occasions de sceller le score en faveur des Aigles, et en dépit de l’infériorité numérique. Mais, moins efficaces, les Genevois laissaient finalement l’inévitable Roest marquer le 4-3. Le tout dans des circonstances qui rajoutent encore à la frustration des Servettiens: si Roest était si seul, c’est que John Gobbi était étendu sur la glace, après un choc étrange devant la bande de l’équipe saint-galloise. Voilà les Genevois rappelés à certaines réalités: mener 3-2 à la 54e n’autorise pas le moindre relâchement.
Paul Savary: «On a eu des occasions…»
Paul Savary avait la mine des petits jours avant le match. La faute à des douleurs au ventre et à un méchant mal de tête qui se sont signalés le matin, dans le car menant les Aigles à Rapperswil. L’attaquant a pourtant serré les dents pour tenir sa place. La défaite en plus et ce sentiment de frustration eu égard aux circonstances achevaient d’accabler le courageux.
Paul Savary, on devine pas mal de frustration dans le camp genevois…
Oui, c’est sûr. On a eu les occasions pour tuer le match et on n’a pas su les saisir. On gagnait 3-2 à six minutes de la fin et on a reculé. Alors, même si on ne doit pas rougir de notre prestation, on est frustré, oui. Notamment en raison des 5?minutes?+?pénalité de match infligées à Rubin juste avant les prolongations: y avait-il vraiment faute? Je crois surtout que l’arbitre a pris peur suite au choc qui ne me semblait pas si terrible. Mais voilà…
Et vous, plus personnellement, un match difficile puisque vous étiez malade…
Oui, difficile. Ce n’est pas évident de jouer comme cela, mais j’ai fait l’effort.
Si Genève-Servette reste en tête, Berne est revenu à sa hauteur: le duel pour la première place est-il plus que jamais d’actualité?
Oui et ce sera comme cela jusqu’à la fin de la saison régulière, je pense. Mais nous restons concentrés sur notre objectif: conserver cette première place.
Lakers - GS 4-3 ap (1-1 1-0 1- 2 1-0)
Diners Club Arena. 3723 spectateurs.
Arbitres: Eichmann; Bürgi/Marti.
Buts: 8e Randegger (Höhener, Conz) 0-1. 20e (19’48’’) Paterlini (Roest/à 5 contre 4) 1-1. 38e Murley (Riesen) 2-1. 38e Murley (Riesen) 2-1. 42e Toms (Bezina, Kolnik/à 5 contre 3) 2-2. 55e Kolnik (Rubin, Toms) 2-3. 59e Roest (Reuille) 3-3. 64e (63’02’’) Roest (Murley/à 4 contre 3) 4-3.
Pénalités: 6 x 2’ contre les Rapperswil-Jona Lakers, 4 x 2’, 1 x 5’ (Rubin), 1 x 10’ (Trachsler)?+?pénalité de match (Rubin/méconduite). contre Genève-Servette.
Rapperswil-Jona Lakers: Manzato; Pöck, Sven Berger; Geyer, Parati; Furrer, Blatter; Riesen, Sirén, Murley; Reuille, Roest, Paterlini; Rizzello, Tschuor, Voegele; Walser, Classen, Samuel Friedli.
Genève-Servette: Tobias Stephan; Mercier, Bezina; Vukovic, Malik; Höhener, Gobbi; Déruns, Savary, Salmelainen; Toms, Rubin, Kolnik; Rivera, Trachsler, Suri; Randegger, Conz, Hürlimann.
Notes: les Rapperswil-Jona Lakers sans Raffainer, Nordgren, Guyaz, Burkhalter ni Tim Bucher (blessés), ainsi que Berglund (suspendu); Genève-Servette sans Cadieux (blessé), ainsi que Breitbach (suspendu). Tir sur le poteau: Toms (56e).
GS - Lugano 4-1 (0-1 2-0 2-0)
Patinoire des Vernets. 7007 spectateurs.
Arbitres: Stalder, Abegglen/Kaderli.
Buts: 1re (0’’18) Domenichelli (Robitaille) 0-1. 22e Kolnik (Gobbi, Toms) 1-1. 32e Rubin (Déruns, Mercier/à 5 contre 4) 2-1. 46e Kolnik (Salmelainen, Bezina/à 5 contre 4) 3-1. 49e Toms (Kolnik, Höhener) 4-1.
Pénalités: 7 x 2’ contre Genève-Servette; 6 x 2’ contre Lugano.
Genève-Servette: Tobias Stephan; Mercier, Goran Bezina; Vukovic, Malik; Gobbi, Höhener; Maurer; Toms, Rubin, Kolnik; Déruns, Savary, Salmelainen; Rivera, Trachsler, Suri; Flurin Randegger, Florian Conz, Hürlimann; Pivron.
Lugano: Aebischer; Nummelin, Nodari; Chiesa, Julien Vauclair; Akerman, Hirschi; Profico; Romano Lemm, Robitaille, Domenichelli; Thomas, Romy, Murray; Näser, Sannitz, Oliver Kamber; Jörg, Schlagenhauf, Tristan Vauclair.
Notes: Genève sans Cadieux (blessé) et Breitbach (suspendu); Lugano sans Conne, Devereaux (blessés les deux), Hamilton (malade) et Helbling (suspendu).