A défaut d’enfer, les concurrents du 22e Triathlon international de Genève ont connu le purgatoire… Pour sa reprise après une année d’absence, la rade, bien ingrate, lui a présenté son visage le plus rébarbatif; un véritable temps de chien au menu! Pluie torrentielle quelques minutes avant le coup d’envoi de la manche de Coupe d’Europe (et pratiquement incessante durant la course), froid, vent (le Jet d’eau en avait de la peine à s’élever)… Bref, rien n’a été épargné aux concurrents.
Couac et gadins
Pas même un quart d’heure d’attente mal venu dans ses conditions: un «bug» dans l’organisation a obligé à repousser le départ. Petit péché de jeunesse d’une équipe confrontée pour la première fois à une épreuve de haut niveau… La compétition n’en a pas moins été de qualité, même si les routes glissantes ont provoqué nombre de gadins, même au parc de change! En témoignent les succès du Français Vincent Luis et de la Britannique Jodie Swallow.
Champion du monde et champion d’Europe juniors en 2008 (!), vainqueur d’une épreuve de Coupe d’Europe la même année, le sociétaire de Sainte-Geneviève, dans la région parisienne, présente, à 21?ans, des références qui en font l’un des principaux espoirs du triathlon mondial. A Genève, il a su attendre son heure: «Je n’ai pas voulu suivre Varga, sorti en tête de l’eau, à vélo. J’ai senti que j’avais de bonnes jambes, donné le ton dans la montée et décidé de partir d’entrée en course à pied», soulignait-il.
«Conditions démentes»
De fait, le Français sortait détaché du parc de change, qu’un groupe d’une quinzaine d’unités avait abordé groupé, pour s’en aller vers une victoire que ni l’Anglais Adam Bowden (2e) ni le Russe Artem Parienko (3e) n’ont pu lui contester. «J’ai travaillé la course à pied tout l’hiver, je n’ai fait que ça…», expliquait encore le vainqueur. «Les conditions étaient un peu démentes, mais il faut s’adapter» concluait Luis, qui visera un podium dans quinze jours aux Européens U23 de Porto.
Championne du monde longue distance l’an dernier, deuxième d’une épreuve de Coupe du monde, Jodie Swallow (29?ans) a fait honneur à son rang de favorite en dominant l’épreuve féminine de bout en bout, pour l’emporter avec… 3’ 32” d’avance sur l’Australienne McShane. «Je voulais me donner à fond sur les trois disciplines. Je ne me suis pas préoccupée des autres, uniquement des indications de mon coach. Le temps? C’était terrible», confiait l’Anglaise établie à Leysin.
Les Suisses discrets
Les Suisses n’ont tenu qu’un rôle discret chez eux, mais l’Appenzellois Jürg Bühler, 19?ans seulement, est à féliciter pour son excellent 12e?rang: en raison d’un genou douloureux, il n’était même pas certain de pouvoir boucler la course! Côté féminin, la Bernoise Gabriela Manser s’est classée 15e.
Vincent Luis (en bas à droite) pose fièrement. Il a su dompter des conditions difficiles et une pluie battante qui ont rendu ce triathlon genevois dantesque.