Lorsque les ados accrochent un peu trop la manette, les parents s’interrogent automatiquement : est-ce normal ? Quelles conséquences ? Mon enfant va-t-il s’habituer et banaliser cette violence ? A la demande de l’association des parents d’élèves du Collège Ecole de Commerce André Chavanne, un sondage a été réalisé en 2008 auprès des élèves, afin d’établir un état des lieux des pratiques. Résultat : 5 % des garçons passent plus de 15 heures le week-end devant leurs écrans, et 5 heures par jour en semaine.
«C’est beaucoup, évidemment. Confrontés à cette pratique plutôt récente, les enseignants sont démunis» explique le médecin Jean-Dominique Lormand, directeur du Service de santé de la jeunesse à Genève. Face à cette situation, il a pour projet de renforcer les cours d’éducation aux médias dispensés au primaire et au cycle en y intégrant la problématique des jeux vidéo. «Interdire ne sert à rien, explique-t-il. La réponse est éducative.»
Le psychothérapeute Serge Tisseron confirme. Il incite ainsi les parents à adopter une attitude d’ouverture en valorisant les avantages que ces consoles procurent (habileté vivacité, mémoire). Le jeu est selon lui une succession de prises de décisions. Certains individus opteront toujours pour la violence, d’autres élaboreront des stratégies pour construire leur personnage : discuter de ces options est aussi une approche.
Enfin, la plupart des spécialistes enjoignent les adultes à contrôler l’âge minimum requis indiqué sur les pochettes grâce aux logos. Pas obligatoire, cette signalétique dite PEGI (Pan-European Game Information) est toutefois appliquée par les trois grands fabricants de consoles Sony, Microsoft et Nintendo.