Pour Pierre Maudet, également président de la Commission fédérale pour la jeunesse, la démarche est «généreuse et pleine de bons sentiments». Mais «dans le cas précis, il s’agit d’un coup d’esbroufe politique», a-t-il déclaré au
Matin Dimanche. Selon lui, la discussion n’est pas encore agendée au Conseil administratif.
«Une fois leur apprentissage terminé, ces jeunes sans-papiers n’auront pas de travail. On leur crée de faux espoirs» en reportant le problème, selon Pierre Maudet. De plus, cela va à l’encontre des démarches entreprises ces dernières années pour lutter contre le travail au noir. Le radical préfère miser sur des solutions de régularisation au cas par cas.
Une polémique nationale
La question de l’engagement d’apprentis sans-papiers a pris de l’ampleur ces dernières semaines après l’annonce faite par la Ville de Lausanne de vouloir former au sein de son administration des apprentis sans statut légal. Mais le Conseil d’Etat vaudois a jugé la démarche contraire au droit fédéral et a brandi la menace de sanctions. Des formations en école, pour lesquelles un permis de travail n’est pas nécessaire, sont en revanche possibles.
Une évolution de la législation fédérale n’est toutefois pas impossible. Le Conseil national a en effet approuvé mercredi dernier deux motions visant à autoriser les enfants clandestins qui ont suivi leur scolarité en Suisse à entamer un apprentissage.