Les éducatrices de la petite enfance doivent être intégrées à la fonction publique municipale. Par 66 oui et un non, le parlement de la Ville de Genève a réitéré mardi soir son soutien à ce principe en envoyant en commission des finances un projet de résolution émanant de l’Exécutif. L’assemblée, qui avait déjà donné un feu vert de principe en 2007, le fait cette fois en ayant une idée des coûts engendrés par cette mutation qui concerne quelque 1450 personnes.
Les élus se sont toutefois montrés critiques face au rapport de l’Exécutif, qui détaille quatre scénarios pour ce transfert et privilégie le moins cher. La voie préconisée, qui impliquerait un surcoût annuel de 15 millions de francs par rapport au statu quo, ne prévoit ni alignement des salaires sur les grilles des fonctionnaires en fonction de l’ancienneté, ni rattrapage des cotisations à la caisse de retraite. «Le problème de cette résolution, c’est qu’elle préjuge du résultat des négociations en privilégiant le scénario qui coûte le moins cher alors que les syndicats ne le soutiennent pas», note le socialiste Pascal Hohlenweg, à l’unisson avec le reste de l’Alternative. Lundi, le syndicat SIT s’était offusqué de ce qui est, selon lui, «un moyen de verrouiller toute perspective de négociation avec les représentant-e-s du personnel», débouchant sur une «municipalisation au rabais». «Le statu quo est la pire des choses pour les éducatrices qui seront mieux traitées qu’actuellement, même avec le scénario le plus économique», a répliqué le magistrat de tutelle, le socialiste Manuel Tornare.
A droite, c’est au contraire la facture qui suscite quelques inquiétudes. Le libéral Jean-Marc Froidevaux la qualifie de «raisonnablement astronomique». Déplorant que des alternatives à la municipalisation n’aient pas été étudiées, le radical Olivier Fiumelli souligne que le surcoût engendré par cette fonctionnarisation «ne créera pas une place de plus en crèche pour les parents qui en ont besoin». Des voix plus isolées, comme celle du libéral Georges Queloz, fustigent la tendance à se décharger sur la collectivité de la responsabilité individuelle d’assurer l’éducation de sa progéniture.