En Ville, la grande nouveauté pourrait être l’entrée du Mouvement citoyens genevois au Conseil municipal. Créé en 2005 à l’approche des élections cantonales où il a pu d’emblée se placer au Grand Conseil, ce parti novice a pénétré en 2007 quelques cénacles communaux, tous suburbains: Lancy, Onex et surtout Vernier où la formation dispose de son seul magistrat. En revanche, c’était l’échec ailleurs. Défaite de justesse à Carouge, mais claire en Ville où certains avaient pourtant prédit un raz-de-marée. Le parti, avec 5,69% des suffrages, restait loin du seuil fatidique des 7% (le quorum minimal qui est requis pour siéger dans tout type de parlement à Genève).
Les choses auront-elles changé en 2011? Bien des observateurs parient que oui. Cette thèse s’appuie sur un élément tangible: le score que le MCG a réalisé en Ville lors de l’élection du parlement cantonal en octobre dernier: 12,94%. Le dernier baromètre électoral grandeur nature fait du MCG le 4e parti dans la commune la plus peuplée du canton, derrière les Verts, les libéraux et le PS. Mais il faut noter que, dans ce scrutin cantonal, le parti était tiré par son leader Eric Stauffer. Tel ne sera pas le cas au printemps prochain en Ville, à moins d’un déménagement soudain du bouillant Onésien.
MCG contre UDC
Pour l’heure, le MCG envisage de chapeauter sa liste avec le président de sa section Ville, le méconnu Carlos Saraiva Medeiros. Mauro Poggia pourrait-il être de la fête? Le médiatique avocat et député semble plutôt se réserver pour les élections fédérales de l’automne 2011, étant entendu que le MCG,
dépourvu d’alliance, n’a presque aucune chance d’accéder au Conseil administratif. Le bureau directeur du MCG planchera sur ces questions dans le courant du mois de septembre.
Dans ce contexte, l’UDC fait figure de victime désignée. Parviendra-t-elle à survivre au raz-de-marée MCG, comme elle l’a fait l’an dernier au Grand Conseil? Son score de l’époque (8,33%) lui laisse cet espoir. Mais depuis, le parti est entré dans une crise interne à l’échelle cantonale. Sur le plan national, le parti n’est pas à la fête depuis que Christoph Blocher a été éjecté du Conseil fédéral en 2007. En Ville de Genève, son leader au Conseil municipal, Jacques Hämmerli, jette l’éponge. L’UDC cantonale se réunit ce soir en assemblée générale pour tenter de colmater les brèches. C’est la course contre la montre! Le sauvetage de l’UDC pourrait aussi venir d’une manne du parti national, vraisemblablement inquiet à l’idée de perdre une place comme Genève en pleine année d’élection fédérale.