Votations cantonales

La campagne fait passer la loi sur l’énergie

Par CHRISTIAN BERNET le 08.03.2010 à 00:02

Les Genevois ont accepté à une courte majorité (52,1%) la loi sur l’assainissement des bâtiments. Les communes urbaines l’ont toutes rejetée, mais le vote de la périphérie a pris le dessus.

L’écologie a un coût et les Genevois sont d’accord de s’en acquitter. C’est la leçon, très importante mais schématique, qu’on peut tirer du scrutin d’hier. La population a accepté la loi sur l’énergie qui vise notamment à assainir les bâtiments pour les rendre moins gourmands en énergie. Elle l’a approuvée en prenant le risque de voir ces rénovations accompagnées de hausses de loyers. C’est toutefois une majorité très courte qui s’est imposée. On compte à peine 52,1% de oui.

Les gagnants se montraient davantage soulagés que triomphants à la lecture des résultats. Il faut dire que personne ne s’était risqué à un pronostic sur un objet aussi disputé. Le front du refus était large, avec l’Asloca, les socialistes, le MCG et l’UDC. Une coalition qui avait toutes les chances de sortir gagnante.

«Les Genevois ont fait une pesée d’intérêts, commente Anne Mahrer, la présidente des Verts. Ils ont été d’accord de faire passer l’argent au second plan pour s’attaquer à la rénovation des bâtiments. Ceux-ci consomment la moitié de l’énergie du canton et beaucoup sont de vraies passoires.»

«Les Genevois ne se sont pas laissé abuser par des arguments excessifs, poursuit le député PDC François Gillet, qui a présidé les travaux en commission. Ils se sont rendu compte que ce n’était pas une loi antilocataires, que le compromis était équilibré et que nous avions limité au strict minimum la participation des locataires.»

Clivage ville-campagne

Ces conclusions cachent toutefois des opinions très divisées. L’analyse du vote relève clairement deux camps. La campagne a largement soutenu cette réforme et a réussi à l’emporter sur les communes urbaines. Ces dernières ont unanimement refusé le texte. Vernier, Meyrin ou Lancy l’ont rejeté à plus de 55%. Le quartier de la Jonction a été le plus réfractaire, avec 60,6% de non.

Cette division ville-campagne recouvre clairement deux clivages: le vote gauche-droite et le fait que les locataires sont proportionnellement plus nombreux dans les zones urbaines.

Voilà qui met un peu de baume au cœur des perdants. «Notre électorat nous a suivis dans nos bastions populaires traditionnels, se console René Longet, le président du Parti socialiste. Il aurait été très inquiétant que nous soyons désavoués.» Le Parti socialiste s’épargne ainsi un débat interne tourmenté, car plusieurs de ses membres s’étaient dits favorables à la loi.

L’Asloca y trouve aussi un motif de réconfort. «L’électorat populaire nous suit, mais il ne s’est pas suffisamment déplacé aux urnes, analyse Carlo Sommaruga. Notre défi à l’avenir sera de mieux mobiliser les locataires.»

Victoire automatique

Il n’empêche que l’Asloca essuie ici une défaite. La première depuis des lustres. A l’évidence, la victoire des locataires n’est plus un automatisme. Les milieux immobiliers vont-ils en profiter pour réduire la protection des locataires? «Nous n’avons rien à gagner en jouant ce jeu-là, assure Benoît Genecand, le président de la Chambre immobilière. Nous réglerons bien mieux les problèmes en construisant 2500 logements par année. Pour moi, ce n’est pas tant une défaite de l’Asloca qu’une victoire des défenseurs de l’environnement.»

Sondage

Urbanisation: craignez-vous que l'Arc lémanique ressemble à L.A.?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
A vos grils, prêts?
Nous nous sommes procuré les conseils les plus avisés Plus

En coopération avec:

Homegate

Tous les dessins d'Herrmann

Le monde en images

Dernières offres

Marché

Sondage

Faut-il interdire le démarchage par téléphone?




Sondage

Pensez-vous que François Hollande pourra relancer la croissance en Europe?





Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




SEARCH.ch

Commerce