Les lignes TPG 6 et 19 pourront bientôt gagner plus facilement Vernier-Village. Par 17 oui, 7 non et 11 abstentions, les élus verniolans ont donné hier soir leur feu vert à un crédit communal de 2?190?000 francs pour aménager le tracé historique de la route de Vernier. Aujourd’hui piétonnier, ce tronçon coupe en biais l’actuel itinéraire en équerre de cette artère. Son aménagement permettra aux bus d’éviter le carrefour de la Croisette, via un cheminement qui sera aussi ouvert à la mobilité douce. De son côté, le canton prévoit d’offrir aux transports publics de nouveaux sites propres sur la partie cantonale de la route, à proximité du futur magasin Ikea qui doit ouvrir après l’été.
Le projet a fait l’objet de critiques, notamment au sein des rangs écologistes et libéraux. Pour le Vert Jean-Bernard Billeter, l’aménagement «participe d’une fuite en avant», puisqu’il va de pair avec un élargissement à venir de la route de Vernier, qui offrira aussi davantage d’espace aux voitures: «Aucune limitation concrète n’est posée au trafic motorisé, dénonce-t-il. On bétonne, mais on ne va pas à la source du problème.» La facture à la charge des finances verniolanes fait tousser les libéraux: «Comme commune, nous ne sommes pas à l’origine du problème, s’insurge Pierre Ronget. A l’heure de passer à la caisse, il y a des abonnés absents, comme Ikea, les TPG ou l’Etat.» Le conseiller municipal se demande si Vernier n’aurait pas pu obtenir des contreparties à son effort financier.
Le magistrat chargé de l’aménagement a pour sa part vivement soutenu le projet. «Les bus accusent de 8 à 14?minutes de retard en arrivant à Vernier-Village, un constat dressé en 2008 alors qu’Ikea n’était pas même en phase de construction», argue l’écologiste Yvan Rochat. Le conseiller administratif a aussi rappelé que l’Etat finançait d’autres mesures et que, s’agissant d’une route communale, la municipalité était redevable. Selon lui, l’aménagement apportera une «résolution partielle, mais réelle» aux problèmes rencontrés par les transports collectifs dans le secteur. «Le projet n’est certes pas parfait du point de vue du transfert modal, mais il en crée», ajoute encore le conseiller administratif, qui a été suivi au vote final.