Les chats sauvages et errants prolifèrent. Une situation qui préoccupe le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV), ainsi que les amis des animaux. Mais pas seulement! Car divers problèmes de santé et de salubrité publiques sont redoutés par la population… dont la transmission de la rage.
«Ces chats abandonnés (dits chats harets) sont généralement malades, mal nourris et sans abri, ce qui constitue un réel problème de protection des animaux. Ils exercent aussi souvent une pression et une prédation sur la faune indigène, notamment sur les oiseaux», avertit le SCAV dans la Feuille d’avis officielle du 24 septembre.
«Illégal de les lâcher dans la nature»
«Les principales causes de cette nouvelle prolifération sont les nombreux abandons et les mises à la rue de chats domestiques par certains détenteurs peu scrupuleux», constate Valérie Derivaz, présidente de SOS Chats. «Nous recevons et replaçons environ 500 chats par an. Notre refuge, qui en compte constamment entre 100 et 130, déborde, mais nous préférons les accueillir plutôt que leurs maîtres les lâchent dans la nature. C’est non seulement illégal (ndlr: selon la loi fédérale sur la protection des animaux du 16 décembre 2005), mais les bêtes se reproduisent aussi sans fin.»
A entendre les spécialistes, les chats errants sont difficiles à approcher. On les retrouve en groupe aux quatre coins du canton; dans le no man’s land de la gare des Eaux-Vives et à la campagne, mais aussi dans les quartiers densifiés comme la Jonction, les Eaux-Vives, Saint-Jean ou la Servette.
Le SCAV prend ainsi l’affaire très au sérieux. Avec la société genevoise pour la protection des animaux, SOS Chats et la Société genevoise des vétérinaires, ce service a décidé de réactualiser l’action «bénéfique» de lutte contre les chats errants.
Initiée en 1993, une campagne de stérilisation et de castration aurait permis un assainissement de la situation.
«Pas une campagne d’élimination»
Intitulée Cats outdoor 2010, la nouvelle action de sensibilisation doit aboutir à moins de chats… mais en bonne santé. Des mises à mort sont-elles programmées? «Nous ne nous engageons pas dans une campagne d’élimination, rassure la présidente de SOS Chats. L’objectif est de capturer certains animaux pour les stériliser afin de limiter leur propagation. Avant de les relâcher.» Selon une estimation transmise par le SCAV, pas moins de 60?000 chats vivent à Genève!
Les animaux ne pouvant pas être soignés devraient toutefois vraisemblablement être euthanasiés. Impossible d’obtenir une réponse claire à ce sujet. «La campagne vise aussi à vacciner les chats contre la rage, à titre préventif au cas où elle reviendrait à Genève», ajoute Valérie Derivaz.
Cats outdoor 2010 recommande enfin la puce électronique, même si elle n’est pas obligatoire, aux propriétaires: l’identification des chats permettrait de lutter efficacement contre les abandons illégaux. Et de distinguer les animaux domestiques des mistigris sauvages… que Genève s’apprête à traquer.