C’est un superbe coup de filet que viennent de réaliser les gardes-frontière genevois. Hier, à 3?h?45 du matin, sur un barrage routier déployé à Chêne-Bougeries, ils ont mis fin aux agissements de trois criminels spécialisés dans le vol de coffres-forts. Le butin saisi provient à coup sûr d’un cambriolage perpétré peu auparavant dans un bureau de l’OMS!
Le dispositif était installé depuis un quart d’heure à la hauteur du cinéma Forum, dans le sens Genève-Moillesulaz. Après quelques contrôles de routine – rappelons que les gardes-frontière peuvent opérer dans ce secteur, notamment pour traquer les fraudeurs de tout poil – une Fiat bleue débouche à vive allure du goulet de Chêne-Bougeries.
Du sang sur les mains
A la vue des gardes-frontière, le véhicule immatriculé en Haute-Savoie freine, puis accélère brusquement pour finalement s’arrêter sèchement à la hauteur du barrage. Une hésitation coupable, que le contrôle des papiers du véhicule et des passeports confirme. «La voiture a été signalée volée il y un an et le passager arrière fait l’objet d’une interdiction d’entrée en Suisse pour diverses escroqueries dans la région bâloise», confie l’adjudant Michel Bachar, chargé de communication au Corps des gardes-frontière VI. De plus, le conducteur et un autre occupant ont du sang sur les mains!
Très calmes, les six gardes-frontière passent les menottes aux trois crapules et les sortent de la Fiat. Surprise, devant le siège passager, à la lueur des lampes torches, apparaissent six ordinateurs portables. Le flagrant délit est avéré, les voyous sont alors emmenés aux violons du poste de douane de Thônex-Vallard.
Découverte du coffre-fort
Il est 4?h, jeudi matin, la vérification des identités et la fouille des malfrats commencent. Les ordinateurs, dont l’un présente des traces de sang, sont sortis des housses. Mais le plus beau est à venir. A 4?h?20, les gardes-frontière ouvrent le coffre de la Fiat. A l’intérieur, un sac noir rempli d’habits sombres, des gants… et un coffre-fort blanc!
Hier après-midi, les enquêteurs de la PJ ont pris le relais. «Les trois prévenus sont actuellement auditionnés par nos services, indique Patrick Pulh, porte-parole de la police. Il s’agit de Macédoniens nés respectivement en 1976, 1978 et 1985. L’un d’eux est connu pour des faits perpétrés à Bâle, les deux autres sont inconnus, mais ce sont des voleurs professionnels.»
Ces perceurs de coffre ont sans nul doute cambriolé le bureau de l’OMS. C’est probablement en brisant une vitre pour entrer que deux d’entre eux se sont blessés. Les ordinateurs portables appartiennent à des délégués lituaniens venus assister à une conférence sur le sida, qui se tient ces jours à l’ONU.
Et le coffre-fort? «Il n’a pas encore été ouvert, mais si c’est bien celui volé à l’OMS, ce qui est sûr à 95%, il ne contiendrait que des documents», révèle Patrick Pulh. Cette même nuit, un autre coffre a été dérobé dans une pharmacie de Meyrin.
L’enquête ne fait que débuter, mais toujours selon le porte-parole de la police, «il s’agit d’une très bonne prise, qui pourrait nous permettre de remonter des filières criminelles en provenance des Balkans». Une triple interpellation à mettre au bénéfice des gardes-frontière mobiles du poste Rive gauche, de sortie lors de cette nuit copieusement arrosée par la pluie.
En contrôlant les occupants de la Fiat bleue, les gardes-frontière ont très vite compris qu’ils tenaient là trois criminels de haut vol. Les cambrioleurs professionnels ont été sortis du véhicule sans opposer de résistance, après avoir été menottés, mains dans le dos.