"Les horreurs que j'ai commises suffisent pour qu'on ne m'accorde même pas un procès" a dit ce matin, au cours de son interrogatoire, le violeur en série jugé depuis hier par la cour d'assises de Genève.
"J'ai commis l'irréparable, l'impardonnable" poursuit cet homme d'une voix à peine audible, comme s'il se parlait à lui même plutôt qu'à la cour.
A la question du juge François Paychère sur sa vision de l'avenir, il répond: "Mon avenir est détruit. Je travaille à Champ-Dollon et je vais continuer afin d'économiser suffisamment pour mes obsèques. Après, je m'en irai. Je ne dis pas ça pour influencer le jury".
L'accusé qui a toujours prétendu être Algérien est en réalité Marocain, a-t-on appris en cours d'audience. La confirmation de cette nouvelle identité était parvenue il y a un certain temps déjà à la brigade administrative de la police qui n'avait pas songé la transmettre à la criminelle.
Pourquoi donner une fausse identité? Malgré toutes les questions posées au prévenu, la cour n'a pas obtenu de réponses.
Le procès se poursuit avec, cet après-midi, les plaidoiries et le réquisitoire sur la culpabilité.