Le Casino du Lac, installé au sous-sol de l’immeuble d’affaires ICC de l’aéroport, a été le théâtre d’un braquage à main armé, hier matin. Soit quelques minutes avant la fermeture quotidienne de l’établissement.
A 7?h?55, un homme encagoulé pénètre dans l’établissement, armé d’un fusil et d’un revolver. Il ordonne à l’employé, situé à l’entrée, de l’accompagner au coffre. Les deux hommes traversent les 50?mètres de la salle des machines à sous. Les quatre clients présents réalisent à peine ce qu’il se passe.
L’homme exige ensuite la caisse. Le réceptionniste lui remet les quelques milliers de francs disponibles cash à cette heure matinale.
Il valide son ticket de parking pour s’enfuir
En quelques minutes l’affaire est conclue et le braqueur repart tranquillement. «Il a même pris le temps de glisser son ticket de parking dans la machine et est sorti normalement», explique Héloïse Sage, responsable marketing du Casino du Lac.
«Il n’y a eu ni coups de feux ni blessé, se réjouit encore le directeur Fabrizio Barozzi, qui relève le comportement exemplaire de son employé. Ils sont formés à ne pas jouer les cow-boys. Ça ne sert à rien.» Les quatre autres employés présents n’ont pas bougé. Choquée, une caissière a été prise en charge par un psychologue.
Rapidement sur place, la police quadrille en vain le quartier. Les enquêteurs ont emmené les bandes vidéo des caméras de surveillance du casino et du parking. Selon le directeur, aucun indice ne permettait de définir si l’homme connaissait les lieux. «Il était encagoulé et sa voix n’a pas permis d’identifier s’il s’agissait d’un client, par exemple.»
Dans le bâtiment d’affaires, personnes n’a rien vu de l’attaque menée au sous-sol. Au plus, certains ont aperçu quelques voitures de police autour de l’immeuble. Plusieurs inspecteurs, discrets, circulent dans les couloirs. L’ambiance est studieuse autour des tables du café situé au-dessus de la salle de jeux. Une journée comme un autre dans ce centre d’affaires international.
Première attaque depuis l’ouverture en 2003
Le Casino a rouvert ses portes à 11?h?10, à la satisfaction de la trentaine de clients amassés devant la porte. Des retraités, pour la plupart, dont une vingtaine de femmes, qui ont patienté calmement. Certains durant plus de deux heures, dans le couloir feutré devant l’entrée.
«La caisse n’est malheureusement pas encore ouverte pour le change ou la monnaie, précise Héloïse Sage. Tant pis, les impatients s’engouffrent dans la salle et les affaires reprennent dans le casino genevois.»
C’est la première attaque de cette salle genevoise, ouverte tous les jours de 9?h à 8?h le lendemain, depuis 2003 à Meyrin. «On n’est, volontairement, pas très visibles, précise le directeur. On fait peu de publicité aussi car la salle n’est pas très grande et, comme vous pouvez le constater, la clientèle ne manque pas.»