Claude Goretta , bien sûr! Il était temps que le cinéaste genevois soit salué pour l’ensemble de son œuvre par les professionnels du cinéma suisse. C’est avec une certaine émotion qu’on a pu le retrouver sur scène, samedi soir à Lucerne, recevoir un Quartz d’honneur. Opéré récemment, il est apparu en chaise roulante. «Les rails restent genevois», a-t-il plaisanté en parlant de son fauteuil, fabriqué à Zurich. Standing ovation de circonstance.
Cette année encore, les Romands ont créé la surprise lors de cette cérémonie qui existe depuis 1998. Alors que Christoph Schaub était le grand favori de la soirée avec La disparition de Giulia (5 nominations), il est reparti bredouille. Coiffé au poteau par la Vaudoise Séverine Cornamusaz et son Cœur animal, meilleure fiction et meilleure interprétation masculine pour Antonio Buil. Jolie surprise pour un film qui avait séduit, adaptation âpre et réussie d’un roman de la Valaisanne Noëlle Revaz.
Autre Valaisan, Frédéric Mermoud a reçu le Quartz du meilleur scénario pour Complices (à l’affiche à la fin de mars). Et le Genevois Dominique Othenin-Girard, longtemps exilé aux Etats-Unis, a vu la jeune héroïne de son film, L’infiltré, décrocher celui du meilleur espoir. Cela dit, les Quartz du cinéma suisse devraient peut-être changer de date. Cette année, ils étaient coincés dans le calendrier entre les Césars, les Oscars (qui se sont déroulés cette nuit) et les Victoires de la Musique.