SUCCESSION

Bertrand de Billy ne viendra pas à l’OSR

Par SYLVIE BONIER le 27.01.2010 à 00:05

La fondation refuse les conditions du successeur annoncé de Janowski

Coup de théâtre à l’OSR. Après l’annonce du départ avancé de Marek Janowski jeudi passé (lire nos éditions du 22 janvier), celle de son remplacement par le Français Bertrand de Billy, à l’horizon 2012, vient d’être annulée mardi par la direction de l’institution.

La nouvelle, qui fait l’effet d’un pavé dans la mare, se voit en outre assortie de changements bienvenus pour les musiciens de l’orchestre. Ceux-ci, qui se plaignaient de décisions prises sans leur concertation, seront à l’avenir plus largement associés en aval à l’élection des nouveaux chefs.

Alors que, jusqu’à présent, leur avis était dit «prépondérant» dans les processus de sélection, ils n’étaient en fait consultés qu’après le choix de la fondation, qu’ils avalisaient au final. L’annulation surprise de la nomination aura donc, en définitive, des aspects positifs dans l’élargissement de la collaboration entre la direction et l’orchestre.

Pour résumer le déroulement de l’affaire, deux événements auront été déterminants dans ce revirement de situation. Vendredi passé paraissaient dans la presse les réactions étonnées des musiciens. Motivés par les progrès de l’OSR depuis que Marek Janowski en avait repris les rênes en 2002, ceux-ci se sentaient un peu «lâchés» par leur chef annonçant son départ en 2012, alors qu’ils l’avaient récemment soutenu lors du renouvellement de son contrat jusqu’en 2015.

Puis certains s’étaient avoués très déçus de ne pas avoir été informés du choix du successeur et d’autres se posaient encore des questions sur la justification de ce choix.

Informé de ces confessions publiques, Bertrand de Billy a tout d’abord déclaré ne pas pouvoir travailler dans de bonnes conditions avec ce climat. Après discussion avec trois représentants des musiciens de l’OSR ayant fait le voyage à Vienne, il avait alors convenu de suivre la procédure entamée jusqu’au vote des musiciens. S’il obtenait une large majorité, il réfléchirait et se réserverait la possibilité de discuter avec le Grand Théâtre et les autorités genevoises pour obtenir le droit de veto sur l’invitation par Tobias Richter des chefs d’orchestre à l’Opéra. Ceci dans le souci déclaré de maintenir le niveau de qualité qu’il désirait.

Cette condition, le président de la fondation, Metin Arditi, et l’administrateur général, Steve Roger, ne l’ont pas acceptée. «Ce serait remettre en cause les relations de confiance dans la collaboration entre les deux institutions musicales ainsi que leur indépendance respective», déclare Metin Arditi.

«On n’est pas, à Genève, dans un système de royauté. Mais bien dans une démocratie où chaque intervenant a son mot à dire. C’est une question d’éthique. L’entrée en force dans un système établi n’est pas envisageable. Nous avons donc décidé d’annuler le vote des musiciens ainsi que la nomination de Bertrand de Billy dans ces conditions.» Le choix d’un chef est donc remis sur le métier, cette fois avec l’avis des musiciens. Affaire à suivre donc…

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