L’Athénée 4, c’est un peu comme les polders. Ou la mer Morte. Pour s’y rendre, il faut descendre sous le niveau de la route! Cela vous retient-il? L’escalier au bas duquel on se retrouve n’a rien de commun avec les enfers. L’Athénée 4 a, au contraire, tout du petit paradis. Calme et confort, luxe aussi. Nous voici dans l’antre des nouveaux pianistes genevois. Entendez par là qu’ils sont jeunes, très ambitieux et naviguent entre classique et jazz. Leur objectif? Proposer chaque mois un concert pour les mélomanes avertis.
Au milieu de l’Athénée 4, dans ce qui ressemble à une loge de confrérie, on a installé un grand Steinway de concert. Un gros qui coûte bonbon, afin d’assurer un service pro. Excellence du piano, qualité acoustique parfaite de la salle, accueil chaleureux avec petits-fours et vin à la fin, les arguments sont de taille pour défendre une programmation solide.
Voici ce que l’on propose depuis le début de l’année à l’Athénée 4. Un mardi par mois – probablement deux lorsque l’affaire sera bien établie – la fine fleur du piano local, voire de plus loin vient s’y produire. C’était jazz mardi 26 janvier pour la première de la saison, avec le Genevois qui monte et coorganisateur des soirées Marc Perrenoud. Ce soir, pour la deuxième date de l’année, ce sera classique, avec le Russe Vladimir Sverdlov.
Master class et colloques
L’équipe n’en est pas à son coup d’essai. Durant un an, elle a investi l’espace Mattom, à l’avenue Pictet-de-Rochemont, avec un projet semblable. Trop bruyant, le lieu a été abandonné pour un nouvel endroit. On s’est interrogé. L’Athénée 4, nul ne savait trop à quoi elle servait exactement. C’est qu’après avoir été une galerie de photos doublée d’un restaurant, la salle a longtemps été réservée à la location pour soirées, réunions et autres assemblées privées et chic.
Or, cette fois, la réouverture se fait avec des musiciens en guise d’organisateurs. Des saltimbanques? Dame! Certes, on notera que l’affiche à venir n’a rien de «marginale». Il s’agit pour l’équipe de se faire connaître. Mais il s’agit aussi d’imposer une ligne pointue. On prévoit d’ores et déjà des master class, des colloques envisagés comme une «recherche», un «laboratoire» plutôt que du divertissement. A l’Athénée 4, on voit loin. On ne peut qu’adhérer à un tel projet!
Vladimir Sverdlov (piano classique), Athénée 4, au 4, rue de l’Athénée bien sûr, ce soir mardi à 20?h?30.